Les Don Quichotte du rire

DE VOGELAERE, JEAN-PHILIPPE

Page 8

Lundi 27 avril 2009

Bierges Yann VDB l’emporte devant Max Leblanc au Festival

De l’Histoire revisitée à l’histoire de la vie de tous les jours, les moulins de la conformité sont à combattre !

Le premier aime les grands poètes que sont « Verlaine, Rimbaud, Bigard… hum ! », lit un texte « du XIIIe siècle écrit sur Word », nous raconte l’histoire de « Don Quichotte, sans peur et sans… Cho Panza » et évoque ses problèmes de… « gaules. Gaule ? Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ, Toute la Gaule est occupée… ».

Le deuxième fait de la poésie sans le savoir : « J’ai rencontré ma femme dans un moment vraiment magique. Cette fille dans le soleil, qui a levé la tête vers moi, je l’ai vue courir au ralenti avant… qu’une voiture ne l’écrase. La conductrice ? C’est celle qui partage ma vie depuis 17 ans ! »

Un point commun rapproche cependant le Français, Yann VDB – « de mon vrai nom Van Den Broeck, mais tout le monde m’appelle VDB depuis que je suis tout petit. Sauf que je sais seulement maintenant, depuis mon passage à Bierges, que cela veut dire “De La Culotte” » – et le Québécois Max Leblanc, c’est qu’ils sont tombés dans le rire un peu par hasard. Le premier travaillait « dans le bâtiment quand un problème professionnel m’a fait faire suivre une école de café-théâtre pour me changer les idées ; depuis je collectionne les prix », tandis que le second était animateur radio « quand on m’a demandé de faire un sketch pour une soirée. Il n’y a qu’une personne qui a ri ce soir-là, mais ce rire-là m’a donné envie de poursuivre ».

Tous deux, à l’occasion du 19e Festival du rire de Bierges, parrainé par Le Soir, ont rivalisé d’astuces, vendredi et samedi soir, pour combattre les moulins de la conformité.

Un jury partagé

Le Français a revisité l’Histoire, passant de Don Quichotte à Catherine de Médicis en faisant un crochet par le bichon maltais, « un carnassier, tueur né, de la sous-classe de la famille des animaux de compagnie pour personnes âgées ».

Le Québécois s’est, lui, laissé aller à classer les émotions selon leur genre, comme « la sensibilité qui est plutôt féminine ». Ce qui lui vaudra une réaction du public – « Cela dépend où ! » – qui ne le déroutera nullement.

Au contraire, Max Leblanc, dans son style anglo-saxon, aura su, les deux soirs, chercher la salle pour jouer avec elle et la faire réagir, tandis que Yann VDB excellait dans son humour absurde, voire déjanté, utilisant une zappette pour faire défiler des photos imaginaires. Malheureusement avec un peu moins d’application le samedi soir.

De quoi partager en deux le jury du Concours international du rire présidé par Didier Boclinville, lui-même ancien lauréat à Bierges, le Français emportant de justesse le Grand Prix devant le Québécois.

Yann VDB remportait aussi le prix du public, celui-ci le consacrant essentiellement le samedi soir car il était « le seul à être resté au-dessus de la ceinture ».

Quant au prix de la presse, il a été attribué à Max Leblanc car, au total des deux soirs – pour ceux qui ne l’auraient pas compris, c’est tout de même la finalité d’un Festival du rire –, c’est celui qui aura été le plus régulier à divertir le public.

De cette édition, on ne manquera pas de souligner que les candidats du Tremplin de jeudi soir étaient tout compte fait un rien supérieurs. Enfin, qu’écrire de la prestation de Richard Ruben, impérial aussi bien en Gonzague qu’en imitateur de diverses personnalités !

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