Duferco veut reconstruire une cokerie à Charleroi
JULY,BENOIT
Mardi 28 avril 2009
Moins de deux ans après la fermeture de son ancienne cokerie, très polluante, et le remplacement des livraisons de celles-ci par du coke en provenance de Russie, le groupe Duferco souhaite réimplanter une nouvelle cokerie à Charleroi pour alimenter son haut-fourneau de Carsid (Marcinelle).
« Cet investissement, de plus de 200 millions d’euros, serait à la pointe sur le plan environnemental », explique au « Soir », le patron du groupe en Belgique, Antonio Gozzi. « La cokerie, d’une capacité de 700.000 tonnes par an, fonctionnerait sous dépression, les poussières et fumées n’étant pas rejetées dans l’atmosphère. Elle serait couplée à une centrale électrique, d’une capacité de 80 mégawatts, qui en récupérerait l’énergie. »
Cette décision se justifie par le fait que le haut-fourneau de Carsid, auparavant l’un des plus performants en Europe, a vu son rendement diminuer en raison de la faible qualité du coke livré par le groupe russe Novolipetsk Steel, par ailleurs partenaire stratégique de première importance de Duferco, sur le plan financier notamment. « Nous devons absolument garantir un fonctionnement optimal de Carsid qui est la clé de voûte de notre dispositif industriel en Wallonie », poursuit Antonio Gozzi dont le groupe est également présent à La Louvière et à Clabecq (il emploie environ 3.500 personnes dans notre pays).
Notons que le haut-fourneau de Carsid est à l’arrêt, en raison de la crise, depuis la mi-novembre et ne devrait pas être rallumé avant le moins de septembre, les sites de La Louvière et de Clabecq tournant à 50 % de leurs capacités. « Ce contexte très difficile ne doit pas nous empêcher de penser à l’avenir », souligne Antonio Gozzi.
