Antivirus gratuit : Panda est le premier à faire le grand saut
JENNOTTE,ALAIN
Mercredi 29 avril 2009
Panda propose une version gratuite de son antivirus commercial, à utiliser directement sur le Net. D’autres éditeurs de logiciels de sécurité pourraient lui emboîter le pas.
C’est le premier des éditeurs de logiciels antivirus à faire le grand saut. Mais il est probable que ses concurrents suivront, tôt ou tard : Panda, une société espagnole spécialisée dans la sécurité informatique, propose depuis cette nuit une version gratuite et en ligne de son antivirus. Les fonctions de détection de logiciels malveillants (ou « malware ») sont exactement identiques à celles qui sont intégrées à la version de l’antivirus Panda que l’on trouve dans le commerce. Mais, si l’on excepte un programme relativement léger que l’on télécharge et que l’on fait tourner en tâche de fond sur son ordinateur, tout le processus de détection se passe en ligne, sur les serveurs de Panda.
Depuis 2005, les firmes de sécurité ont constaté une explosion du nombre de malware. Plusieurs milliers de nouvelles infections sont détectées chaque jour dans leurs laboratoires. Ce qui rend impossible l’analyse de chaque nouveau virus détecté par les chercheurs. Parallèlement, les techniques d’attaques sont de plus en plus sophistiquées et ciblent parfois un très petit nombre d’ordinateurs, rendant leur détection malaisée. Pour automatiser au maximum ce processus d’identification de protection, Panda a fait appel à un modèle d’informatisation qui a le vent en poupe, le « cloud ». On désigne par ce terme anglais un « nuage » de serveurs en réseau à travers l’internet, qui permet de proposer des services en ligne à grande échelle. L’un des services les plus connus de cette informatique « dans le nuage », c’est Gmail, le courrier électronique de Google.
Pour Panda, le « cloud » permet déjà depuis deux ans de réduire drastiquement les délais de mise à jour de son antivirus traditionnel. Mais avec l’utilisation en ligne de son logiciel, la firme espagnole espère faire descendre le temps de réaction entre le moment où un logiciel malveillant est détecté et la protection effective de l’ordinateur du client sous la barre des six minutes.
Pour y parvenir, elle va mêler dans le « nuage » non seulement toutes les informations dont dispose son laboratoire de Bilbao, qui occupe une soixantaine de spécialistes, mais également des données fournies par d’autres firmes de sécurité et tout ce que les utilisateurs de l’antivirus en ligne vont envoyer vers l’internet. « Chaque ordinateur enverra vers le nuage de serveurs toutes les signatures de logiciels malveillants qu’il aura détectées ainsi que le détail de tous les comportements anormaux constatés, explique Pedro Bustamante, responsable de recherche chez Panda. Il n’y aura cependant ni fichiers ni informations personnelles qui seront extraites du PC et envoyées sur le Net ».
Dans un premier temps, le service gratuit de Panda ne sera disponible que pour les ordinateurs équipés du système d’exploitation Windows. « Mais le logiciel léger qui fonctionne sur l’ordinateur du client a été conçu pour être adapté, par la suite, à d’autres plates-formes comme le Mac, qui atteint peu à peu une masse critique d’utilisateurs et devrait devenir, à son tour, une cible de choix pour les créateurs de virus, précise Pedro Bustamante. Il devrait également être disponible à terme pour les téléphones mobiles »,
En proposant gratuitement son logiciel, Panda sait que l’impact sur son chiffre d’affaires sera douloureux. « Mais d’autres éditeurs préparent probablement des services en ligne du même type, explique Panda. Il vaut mieux accepter une certaine cannibalisation de nos propres produits par un service que nous offrons gratuitement plutôt que d’attendre que des concurrents ne se lancent les premiers ». Le modèle économique sur lequel la firme table consiste à rendre populaire son produit en l’offrant gratuitement au grand public, dans l’espoir de vendre des services payants et à valeur ajoutée auprès des entreprises, comme du support technique sur mesure.
