Quand Seraing devient investisseur immobilier
WAUTERS,LAURENCE
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Mercredi 29 avril 2009
Urbanisme La Ville enchaîne les achats d’édifices
Mais les acquisitions publiques initiées par la Ville sur fonds propres ou subsides provinciaux, régionaux, fédéraux et européens ne s’arrêtent pas là. Au travers du projet « Primo », lancé il y a deux ans, des maisons privées sont achetées, retapées puis mises en location. Ce lundi au conseil, il a en outre été décidé d’acquérir de gros entrepôts, à démolir pour le futur boulevard. Tour d’horizon sur ce paquet d’investissements…
Cité administrative. Première acquisition (un peu plus de 500.000 euros), un site de 5.500 m2 place Kuborn, où le bâtiment de « Steel Inter » a brûlé en 2007. Les lieux accueilleront une cité administrative en forme de 8, sur huit niveaux. Le projet est signé par le bureau Greisch, qui s’est vu désigner par un jury à la fin février. L’installation des 250 employés communaux dans leur nouveau QG est prévue pour l’automne 2012.
Boulevard urbain. Deuxième lot, plus disséminé, des terrains non bâtis (17.000 m2, 1,6 million d’euros) en bordure de la rue Cockerill et à l’arrière des halles industrielles. Ils doivent être libérés et assainis à niveau industriel pour la fin de cette année et serviront à élargir la voirie existante et à réaliser une autre route parallèle pour fluidifier la circulation en entrée de ville. On y ajoute des terrains et halles (actuellement occupées par CMI), toujours sur la rue Cockerill, pour l’implantation d’un futur pôle commercial « Néocittà 2 ». Soit 9.200 m2 libérés pour la fin 2010, vendus à 770.000 euros. Et enfin, plus loin, des terrains sur une surface d’un peu moins de 20.000 m2 pour 200.000 euros, serviront à l’implantation de la future zone d’activités économiques gérée par la SPI +, au Haut Pré.
OM. Il s’agit de l’ancienne salle des fêtes d’Ougrée Marihaye, surnommée « OM », construite par l’architecte Dedoyard, à qui l’on doit entre autres les Bains de la Sauvenière et dont on reconnaît la signature dans les briques de verres qui ornent les murs. La Ville entend en faire un nouveau « pôle culturel » et a ajouté, inclus dans le prix de 100.000 euros, deux petites maisons qui jouxtent le bâtiment.
Entrepôts. Achats à des privés cette fois : une petite dizaine de points comprenaient, ce lundi au conseil, l’acquisition d’entrepôts situés rue du Chêne, sur le tracé du futur boulevard urbain (un peu moins de 600.000 euros au total). Tous seront rasés.
Primo. Erigès a également été chargée de lancer un partenariat avec les notaires et agences immobilières du coin : dès qu’un bien arrive sur le marché, les membres de la régie communale sont prévenus et vont le visiter. Le but est d’acquérir, au prix du marché, des maisons qui ont besoin d’un « coup de neuf », dans des zones dites « prioritaires ». À l’heure actuelle, treize maisons ont été achetées rue de l’Enseignement ou Nicolay, mais surtout dans le bas de Seraing : rue Cockerill, esplanade de l’Avenir, rue de la Banque, quai Sadoine ou place Communale.
Le plus gros investisseur en cité du Fer, c’est donc d’abord elle-même… « L’argent public investi est une garantie pour le privé, dans un contexte perturbé par les doutes qui subsistent sur l’avenir de la sidérurgie », estime Valérie Depaye, directrice d’Erigès. « En investissant sur le bas de Seraing, nous misons sur le futur », complète Alain Mathot. L’avenir dira s’il s’agit d’une bonne affaire…
Pop, rock et Rn’B à la salle de l’OM ?
Redoutant le spectre du Country Hall, l’Association pour le Redéploiement Économique du Bassin Serésien a ensuite commandé une étude de faisabilité au Cide-Socran (Conseil pour l’Innovation et le Développement de l’Entreprise). Le mois dernier, le mayeur est allé voir la ministre de la Culture en Communauté française Fadila Laanan avec les études sous le bras. Un accord de principe (70 % de subsides) a été donné, le conseil communal a approuvé l’envoi de la demande officielle.
L’étude examine les possibilités des lieux sous tous les angles. Il y a tout d’abord une salle dont la capacité actuelle est de 1.200 à 1.400 personnes, qui serait agrandie en reculant la scène afin de faire passer le nombre de places debout à 2.000. Une deuxième salle, en face, est dotée de parquets et hauts plafonds avec vue sur Meuse. Plus intime, elle abritait un cinéma et peut accueillir 300 personnes. Une troisième salle (500 places) servait, du temps des beaux jours de la sidérurgie, à régaler les ouvriers et deviendrait salle d’expo. Enfin, la Ville a pu inclure, dans le prix de vente, deux petites maisons annexes (pour des loges d’artistes ?). Sept cents mètres carrés de bureaux surmontent l’ensemble et seraient loués pour des activités culturelles. Question parking, ArcelorMittal se dit prêt à partager celui qu’elle possède juste derrière, pour son centre de formation, vide en soirée.
Le Cide-Socran explique avoir rencontré quantité d’acteurs culturels liégeois afin de déterminer la place du nouvel outil : ce dernier se présenterait comme un équivalent du Forum, mais en version « concerts debout », pour des artistes et un public complètement différent. En gros, pour les concerts pop-rock ou Rn’B attirant trop de monde pour les salles des centres culturels, mais pas suffisamment pour remplir le Country Hall. « Il manque effectivement une salle polyvalente à Liège, un club de 4-600 places pour des concerts très réguliers et une salle de 1500-2000 personnes pour des événements rock ponctuels. Quand à la situation sur Ougrée, je travaille toujours sur le centre de Liège mais n’ai pas d’avis tranché : pourquoi pas ? », explique Fabrice Lamproye, organisateur des Ardentes. Cependant, d’autres projets existent déjà : « Il y a de la place, l’OM peut venir en complémentarité ».
Le concept est affiné, il faut désormais s’attarder sur la structure de gestion qui, au départ, ne serait constituée que de trois personnes. Pour le reste, l’étude préconise une programmation confiée, dans un premier temps, à un programmateur extérieur. L’ouverture est prévue, si les fonds de la Communauté sont bien débloqués, pour 2012.
Des investissements environnementaux à la cokerie
Seule subsistera la cokerie, qui continuera à fonctionner à 50 % et figure dans le top 3 serésien des polluants. Son permis d’exploiter – qui devrait ne pas être renouvelé – court jusqu’en 2022.
« Nous sommes en train de concéder des investissements pour limiter les poussières », annonce Jacques Pelerin, General Manager country pour la Wallonie. Il s’agit d’un montant de 4,4 millions d’euros investis pour le dépoussiérage au niveau d’une des deux batteries, au chargement de charbon dans le four à coke. La première batterie avait été équipée il y a deux ans. Pour le reste des investissements, on attendra des jours plus cléments…
