Obama dresse son bilan des 100 jours
AFP
Jeudi 30 avril 2009
M. Obama a résumé ses 100 premiers jours lors d’une conférence de presse où les questions l’ont conduit devant tous les foyers de crise : la grippe porcine qui venait de faire un premier mort aux Etats-Unis, la récession, la déconfiture de l’industrie automobile, le Pakistan, l’Irak…
Grippe porcine, waterboarding, Guantanamo, crise économique, Chrysler, immigration, avortement : les sujets n’auront pas manqué mercredi soir au président américain Barack Obama pour son discours très attendu après 100 jours passés à la Maison Blanche.
Au cours de sa conférence de presse d’une heure télévisée en début de soirée, Obama a pu aborder tous ces sujets, à commencer par la crise la plus récente : la grippe « porcine ».
Sur ce sujet, Barack Obama a préféré l’expression « virus H1N1 » et a appelé ses compatriotes à une « grande vigilance ». Toutefois, il a souligné que les autorités sanitaires américaines ne recommandaient pas la fermeture de la frontière avec le Mexique et a assuré que le gouvernement faisait tout son possible pour endiguer l’épidémie. La maladie, a-t-il lancé, « est une source de profonde inquiétude, mais pas de panique ».
Pour ce qui est du terrorisme, Barack Obama a réaffirmé son opinion sur le waterboarding ou simulation de noyade, autorisé par son prédécesseur George W. Bush : « J’estime que c’est de la torture. » Pour lui, les informations, alors obtenues de certains suspects, auraient pu être obtenues autrement. « Même si dans certains cas, cela peut être plus difficile », a-t-il reconnu.
Barack Obama s’était retrouvé sous le feu de la critique de l’ex-vice-président américain Dick Cheney et d’autres Républicains, l’enjoignant de dire si ces pratiques avaient pour autant rendu le pays moins sûr.
Obama a réitéré sa promesse de campagne de fermer la prison de Guantanamo mais a souligné qu’il restait la difficile question du replacement de ses prisonniers. Plusieurs pays ont proposé d’accueillir des ex-Guantanamo.
Sur l’Irak, Barack Obama a admis que la recrudescence des attentats dans ce pays était « une cause légitime de préoccupation » mais, a-t-il dit, le système politique n’est pas touché par ces actes de violence. Obama a ordonné que le retrait des troupes américaines d’Irak soit progressif, ajoutant que le nombre de civils tués était moins important aujourd’hui que par le passé.
A propos du Pakistan, le président américain s’est dit convaincu que l’arsenal nucléaire du Pakistan resterait hors de portée des terroristes. Toutefois, il a qualifié le gouvernement pakistanais de « très fragile » en ce moment et s’est avoué « gravement préoccupé » quant à sa capacité à fournir les services de base, comme l’éducation, la santé et les institutions judiciaires. « Nous avons besoin d’aider le Pakistan à aider les Pakistanais », a-t-il souligné.
Si l’économie n’a pour une fois pas été le sujet numéro un de l’intervention présidentielle, pour cause de grippe porcine, elle reste la grande préoccupation des Américains. M. Obama a défendu les mesures prises par son équipe « pour faire passer cette économie de la récession au rétablissement et finalement à la prospérité », tout en reconnaissant que la situation reste difficile, notamment en raison du chômage élevé. « Je suis content de nos progrès mais je ne suis pas satisfait », a-t-il résumé.
Dans le secteur automobile, le chef de l’Etat s’est toutefois déclaré « plein d’espoir » quant à l’avenir de Chrysler, qui emploie 54.000 personnes. Les « syndicats et créanciers ont pu faire des concessions, sans toutefois se mettre en danger », a-t-il constaté.
« Tout cela permet d’envisager qu’il puisse y avoir une fusion Chrysler-Fiat. » Le constructeur automobile italien Fiat doit signer ce jeudi un accord de partenariat avec Chrysler. Le constructeur américain, qui croule sous 6,9 milliards de dollars (5,2 milliards d’euros) de dettes, pourrait devoir demander la protection de la loi sur les faillites si le Trésor ne parvient pas à un accord avec ses créanciers.
Washington exige que Chrysler lui présente un plan de relance crédible -baisse des coûts du travail, diminution de la dette et partenariats solides- d’ici jeudi pour continuer de le soutenir financièrement.
Sur le dossier de l’immigration, le président américain a souligné que les Etats-Unis ne pouvaient pas continuer avec un système « bancal ». Il s’est montré favorable à une réforme incluant une éventuelle naturalisation de millions d’étrangers présents illégalement dans le pays. A condition que son administration puisse parallèlement convaincre les Américains qu’elle fait tout ce qu’elle peut pour sécuriser les frontières américaines. Barack Obama s’est dit favorable pour travailler avec les parlementaires dans le but de réformer la législation, tout en affirmant que son gouvernement prendrait de son côté des mesures administratives sur la question.
Barack Obama a par ailleurs défendu le droit à l’avortement qui, selon lui, relève à la fois de la morale et de l’éthique. Il pense qu’une femme est en meilleure position pour faire ce choix très personnel qu’un membre du Congrès ou le président lui-même. Il souhaite pouvoir réduire le nombre des grossesses non désirées, en particulier chez les adolescentes, de plus en plus concernées. Son projet de loi « Liberté de Choix », qu’il soumettra au Congrès, n’est toutefois pas sa première priorité législative.
(d’après AP)
