Des instituteurs mieux payés que leurs directeurs
BERKENBAUM,PHILIPPE
Lundi 4 mai 2009
Le PS empêche les directeurs d’écoles d’être associés aux négociations sectorielles gouvernement-syndicats dans l’enseignement. Conséquence : ils ne peuvent influer sur les décisions qui les concernent.
Un vent de révolte avait agité les directeurs d’écoles catholiques au printemps dernier. L’accord sectoriel 2007-2008, négocié sans eux entre le gouvernement et les syndicats, leur imposait des normes d’encadrement et de taille des classes jugées impraticables. C’est donc pour éviter des décisions qui, selon eux, entravent la bonne organisation des écoles que les pouvoirs organisateurs des réseaux subventionnés veulent être désormais associés aux négociations sociales.
Un accord existait sur ce point entre PS et CDH, les partenaires de la coalition sortante en Communauté française. Le décret organisant des négociations sectorielles tripartites, associant les pouvoirs organisateurs, aurait dû être voté la semaine dernière. Mais, contre toute attente, le président du parlement francophone, le socialiste Jean-François Istasse, a renvoyé le dossier à la prochaine législature en sollicitant unilatéralement l’avis du Conseil d’Etat.
Le CDH et les dirigeants de l’enseignement libre catholique s’estiment trahis par cette volte-face aux relents électoralistes et revanchards. Certains évoquent le risque pris par le PS d’ouvrir une nouvelle guerre scolaire entre employeurs et organisations syndicales. Pour Etienne Michel, le directeur général de l’enseignement catholique, le non-respect des engagements porte un nom : la félonie. Il y a dans cette affaire de quoi « exacerber la crise de confiance latente entre le monde de l’enseignement et celui de la politique », dit-il.
En attendant, une nouvelle négociation sectorielle a été menée sans les PO. Elle concerne les années 2009-2010. Nouvelle surprise : l’accord prévoit notamment d’accorder un barème d’universitaire aux instituteurs qui suivront une formation universitaire. Résultat, selon le Segec : les directeurs n’ayant pas suivi de formation universitaire se retrouveront avec un niveau de rémunération inférieur à celui de certains instits, malgré des responsabilités plus importantes !
