Un mois de fête pour le roi violon

MARTIN,SERGE

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Lundi 4 mai 2009

Musique Concours Reine Elisabeth

Ce lundi, à 15 heures, débute la première épreuve de la session 2009 du Concours Reine Elisabeth, consacrée au violon. Au programme : 83 candidats, 42 femmes, 41 hommes, originaires de 21 nationalités. La sélection a été opérée par un jury comptant cinq membres : Philippe Koch, Yuzuko Horigome, Lewis Kaplan, Igor Oistrakh et Gérard Poulet. Il est présidé par Arieth Van Lysbeth.

D’un point de vue géographique, la Corée (20 concurrents), le Japon et la Russie (10), la Chine et les Etats-Unis (6) se taillent la part du lion, puisqu’à elles seules, ces cinq nations représentent 63 % des concurrents. L’importance des candidats venus d’Asie est un phénomène récurrent depuis une vingtaine d’années.

On salue, au passage, le retour en force des Etats-Unis (6 concurrents) plutôt absents ces dernières années et surtout de l’ex-Union soviétique dont le total des candidats monte à 15, si l’on tient compte de ceux venus des républiques devenues indépendantes.

Un concours prestigieux

Pour les Belges, l’importance du Concours Reine Elisabeth est une évidence. Son assise populaire, appuyée par une force présence en radio et en télévision, ferait pâlir d’envie les organisateurs de la plupart des autres concours internationaux.

Incontestable dans l’immédiat après-guerre, quand il n’y avait qu’une poignée de concours prestigieux (le Reine Elisabeth, le Tchaïkovski à Moscou, le Jacques Thibault à Paris et le Leventritt aux Etats-Unis), l’image du Reine Elisabeth a dû subir depuis la concurrence d’une foison d’autres compétitions aux exigences souvent moins redoutables. Ce phénomène a entraîné une dispersion des candidats.

Le violon est un instrument dont l’étude commence très jeune (souvent vers quatre ou cinq ans) avec pour effet que, techniquement, de nombreux virtuoses sont prêts à disputer un concours dès l’adolescence. Y triomphaient-ils que, souvent, imprésarios et maisons de disques, en mal de nouveaux talents, se jetaient sur eux, et ils étaient lancés dans la carrière avant même d’avoir la maturité musicale nécessaire pour s’attaquer au haut niveau d’exigence du Reine Elisabeth. Avec pour corollaire le fait que souvent, ils ne s’y présentaient plus.

Aujourd’hui, quelle est la situation ? Si l’on s’en tient aux données de la Fédération mondiale des concours internationaux de musique, qui est loin de regrouper tous les concours recensés dans le monde, près de 43 concours ont été organisés entre les deux dernières sessions du Reine Elisabeth. Rappelons que dans les années 1950, à peine quatre concours importants étaient mis sur pied.

Pour la seule année 2009, dix concours sont programmés. C’est dire si la concurrence est rude. Et pourtant, le Reine Elisabeth connaît un net regain d’intérêt. Il suffit de lire au palmarès les noms des Repin, Znaider ou Khachatryan, ce dernier n’ayant, en outre, pas hésité à se présenter alors qu’il avait déjà un foudroyant début de carrière derrière lui. La concurrence s’annonce donc très rude pour cette édition du Reine Elisabeth 2009. On n’en voudrait pour seule preuve que la stature des deux concurrents belges.

Que le meilleur gagne !

On compte deux Belges seulement parmi les 83 concurrents. Mais il s’agit de deux musiciens bien formés qui avaient déjà tenté l’aventure, il y a quatre ans, sans atteindre les finales : Jolente De Mayer et Lorenzo Gatto.

La première, née en 1984, fut repérée par Yehudi Menuhin, qui l’invita à suivre pendant quatre ans les cours de son école de Cobham, avant de poursuivre ses études à la Royal Academy à Londres et de participer à des master classes avec des pédagogues renommés comme Zakhar Bron, Zvi Zeitlin ou Dora Schwarzberg. Couronnée aux Concours Tenuto et Hermann Krebbers, elle a également remporté les concours Charles de Bériot (1993,1996), a ensuite été lauréate des concours de Julio Cardona (Portugal) et Liana Issakadze (Russie) et a reçu un prix spécial au Benjamin Britten International Violin Competition.

Lorenzo Gatto est, quant à lui, né à Bruxelles, en 1986. Il a suivi dès l’âge de 12 ans les cours de Véronique Bogaerts au Conservatoire de Bruxelles, avant de se perfectionner avec Hermann Krebbers et, à la Chapelle Reine Elisabeth, avec Augustin Dumay.

Aujourd’hui, il travaille avec Boris Kushnir au conservatoire de Vienne, le maître de Nicholas Znaider. Premier prix et prix du public à 18 ans au Concours de Manchester, il a remporté le Concours Andrea Postachinni (Italie) et est lauréat de la Foundation for Young Soloists. Il prépare un enregistrement Enescu-Martinu avec Milos Popovic dans le cadre de la série Chapelle Reine Elisabeth de Fuga Libera.

Dès ce lundi, la partie est lancée. Que le meilleur gagne !

Les 83 participants au concours sont issus d’une sélection de 145 candidats effectuée sur base de DVD

Les 83 participants au concours sont issus d’une sélection de 145 candidats effectuée sur base de DVD de candidatures personnelles.

Cinq nations pèsent à elles seules deux tiers des musiciens retenus : Corée, Japon, Russie, Chine, Etats-Unis.

Le jury n’a retenu que deux Belges.

Leonid Kogan Premier Prix du Concours 1951, il s’impose très vite par sa maîtrise technique ébouriffante

Leonid Kogan

Premier Prix du Concours 1951, il s’impose très vite par sa maîtrise technique ébouriffante et le naturel de ses interprétations comme le plus célèbre violoniste russe après David Oistrakh. Très fêté en Belgique, il n’a sans doute pas connu à cause de la guerre froide la carrière qu’il méritait.

David Oistrakh

David Oistrakh

Né en 1908 à Odessa, il remporte en 1937 le Concours Ysaÿe, ancêtre du Reine Elisabeth. Incontestablement la référence absolue en fait de violon dans la seconde moitié du 20e siècle. Professeur renommé, il s’est vu dédicacer des partitions de Prokofiev, Chostakovitch. On l’a surnommé le « Roi David ».

Yossif Ivanov

Yossif Ivanov

Premier lauréat belge à avoir emporté un Deuxième Prix. Sa rigueur et sa musicalité l’ont très vite imposé dans le peloton de tête des jeunes violonistes comme l’atteste le « Diapason d’Or de l’année », décerné en 2006 à son premier disque.

Vadim Repin Elève de Zakhar Bron, il survole littéralement la session 1989 du Concours. Prodigieusement

Vadim Repin

Elève de Zakhar Bron, il survole littéralement la session 1989 du Concours. Prodigieusement pensé, servi par une beauté de son d’une extrême pureté, son jeu fait probablement de lui le plus grand violoniste aujourd’hui en activité.

« J’avais promis à mon père que je couronnerais mon parcours de formation en remportant le Concours Reine

« J’avais promis à mon père que je couronnerais mon parcours de formation en remportant le Concours Reine Elisabeth. Je n’ai donc pas hésité à m’y présenter. »

Sergey Khachatryan, Premier Prix 2005.

Calendrier

Première épreuve : du 4 au 9 mai, à 15 et à 20 h au Conservatoire Royal de Bruxelles

Programme : Caprices de Paganini, une sonate pour violon seul de J. S. Bach, un mouvement du premier concerto de Bartok.

Passages des deux candidats belges : le mardi 5 mai.

Demi-finales : du 11 au 16 mai, à 15 et à 20 h , au Conservatoire royal de Bruxelles. Les 24 élus présentent un récital pour violon et piano, dont une œuvre imposée de Claude Ledoux et un concerto de Mozart avec l’orchestre royal de chambre de Wallonie, dirigé par Paul Goodwin (répartition en deux séances sur deux jours).

Finales : du 25 au 30 mai, à 20 h, au Palais des beaux-Arts de Bruxelles

Les 12 lauréats jouent une œuvre imposée inédite, un concerto au choix et une sonate pour violon et piano. Orchestre National de Belgique dirigé par Gilbert Varga.

Réservations : 02-507.82.00, www.bozar.be.

Dans Le Soir: critique de la prestation des deux Belges, le 6 sur www.lesoir.be et le 7 dans le journal.

Synthèse de la première épreuve le 10 sur le site et le lundi 11 mai dans le journal et commentaires au quotidien des demi-finales et des finales.

Pas de résultats.