Les francophones, en néerlandais dans le texte
DELVAUX,BEATRICE
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Mercredi 6 mai 2009
Mais en pratique pourtant, quelle erreur stratégique majeure pour tous ces Francophones que de ne pas maîtriser la langue indispensable à quasi tout engagement ou promotion dans les entreprises du nord mais aussi du sud du pays. Garçon de café à Daverdisse ou haut cadre chez Belgacom : vous devrez parler le néerlandais. Par politesse déjà, pour l’autre moitié du pays qui fait toujours (même si moins souvent et moins savamment le cas) la moitié du chemin. Tactiquement aussi pour faire son business ou gagner du galon. Par fierté enfin pour ne pas se sentir d’emblée en position d’infériorité lorsque l’autre, de andere, vous fait la faveur de vous parler dans votre langue, vous, pauvre cloche qui n’en maîtrisez qu’une. Ou si c’est deux, pas les bonnes.
Et puis ce mardi le soulagement ! Si les Francophones le disent tout net - « le Néerlandais vaille la peine d’être étudié en priorité » - les enfants des braves Wallons et Bruxellois que nous sommes, l’étudient pourtant massivement, en immersion ou en première langue. Les dirigeants, eux, prennent leurs responsabilités pour faire en sorte que le bi et trilinguisme à la sortie du secondaire soit, si pas une réalité, un véritable combat.
Bravo. Car s’ il y a du chemin à faire et si la bataille est loin d’être gagnée, c’est en tout cas déjà la victoire de la réalité, du pragmatisme et du bon sens sur une sorte d’aveuglement.
Et puis, au fond, qui peut dire qu’apprendre le néerlandais ne sert à rien, dès lors qu’il est prouvé qu’être forcé à parler très jeune une langue autre que sa langue maternelle, vous ouvre la porte au maximum d’autres langues - dès lors plus facilement acquises - et au minimum, d’une autre culture. Dat is de moeite waard, non ?
