Les habits neufs de la presse
LAUWENS,JEAN-FRANCOIS
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Mercredi 6 mai 2009
Journaux
Vu ce que l’on a pris l’habitude d’appeler la crise de la presse en raison de la concurrence d’internet et de sa gratuité, il est intéressant de constater que, malgré des délais très variables, tous ces titres ont fait le choix de « qualifier » leur offre.
« Ce n’est sans doute pas un hasard si ce sont les trois “quality papers” qui ont réagi en 15 jours, montrant ainsi au passage le grand dynamisme de la presse francophone belge, analyse Daniel Van Wylick, directeur général du Soir. En venant proposer un petit format en un cahier face au Soir et ses 4 cahiers berlinois, La Libre confirme le pari de la différenciation que nous avions initié. A la concurrence sur le fond, elle ajoute une concurrence dans la forme. Pour adapter notre offre, nous avons eu pour notre part une réflexion qui portait de manière différenciée sur le journal de la semaine et celui du week-end, ainsi que sur la réorganisation de la rédaction dans une logique de complémentarité de fond avec le web. »
Pour François le Hodey, administrateur délégué d’IPM, « on ne peut voir dans ces nouvelles formules le résultat de la crise, même si l’on ne peut cacher que celle-ci met une pression plus importante sur nos résultats. Les choix que nous faisons dans la forme, tant au Soir qu’à La Libre, entrent dans le cadre d’une logique de réduction des coûts. Ce sont certes des choix industriels mais ils ne se substituent pas à celui du produit. Nous avons d’abord voulu un journal compact, en couleurs et de qualité, avant l’aspect technique. Je suis persuadé qu’insister sur la qualité sera payant : nous devons redonner envie aux gens de dépenser 1 euro ou 1,30 euro le samedi pour nous lire. Et le contenu a évidemment un rôle majeur. La bicyclette était ringarde, elle est revenue à la mode. Pourquoi la presse de qualité ne connaîtrait-elle pas le même sort ? »
Comme Le Soir ou La Libre, L’Écho fait le pari du qualitatif. « L’idée est de capitaliser sur la crise que nous traversons, dit sa rédactrice en chef, Martine Maelschalk. Notre statut de référence s’est accru dans ce contexte et nous ne voulons pas le laisser s’étioler. La façon dont les gens suivent les événements financiers sur internet nous amène à privilégier la profondeur et l’analyse dans notre journal papier. On se rejoint tous là-dessus. L’évolution du traitement des résultats financiers est révélatrice de cela : l’exhaustivité des chiffres pour internet, la mise en perspective pour le journal. En optant pour le papier saumon, nous nous posons sur le terrain qualitatif d’un Financial Times. Cela donne un côté plus pointu mais met également une sacrée pression puisque nous nous comparons aux meilleurs ! »
