Tout ira mieux, rien n’ira bien
MAKEREEL,CATHERINE
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Jeudi 7 mai 2009
Scènes Une « Anthologie de l’optimisme » au Kunsten
Au placard les artistes neurasthéniques : place à la pensée constructive ! Avant le More more more…
future de Faustin Linyekula, le Rire d’Antonia Baehr ou le Smatch de Dominique Roodthooft et sa protestation contre la désespérance et le négativisme des discours ambiants, c’est Une anthologie de l’optimisme qui entame le mouvement. Sous la forme d’une conversation, le Canadien Jacob Wren et le Belge Pieter De Buysser décortiquent « l’optimisme critique au XXIe siècle. » Face à un titre aussi ronflant, on craint la prise de tête intellectuo-conceptuelle. C’est tout le contraire qui vous attend : en toute simplicité et avec une honnêteté désarmante, les artistes se livrent à un aérien aérobic oral, fitness rhétorique bourré d’humour qui interroge notre manière de répondre au monde.
« Life’s a piece of shit (la vie, c’est de la merde), » chantaient les Monty Python’s tout en nous invitant à toujours regarder du bon côté de la vie. C’est ce dualisme qu’explorent les deux écrivains dans une ludique conférence philosophique. Au départ du projet, il y a cette lettre envoyée à des dizaines d’artistes, penseurs ou hommes politiques, invités à donner leur vision de « l’optimisme critique ». À partir des courriers, photos ou dessins reçus, le duo a fabriqué cette conférence d’un genre unique, à la fois classique avec ses citations sérieuses, ses exposés au micro, ses résumés au rétroprojecteur, et totalement décalée, voire délirante, avec ses accès de pogo, ses boutons actionnant une pluie d’optimisme en confettis ou ses images étonnantes. On y glose sur le pessimisme, accessoire bourgeois suprême : « Rien de plus chic qu’un cafard d’envergure artistique. On y réinvente le Candide ou l’Optimisme de Voltaire, qui deviendrait aujourd’hui Acide ou le Pessimisme, récit dans lequel tout serait « merdique dans le plus merdique des mondes. » On y découvre un kit pour se faire son propre « optimisme critique. »
On y lit – pour se moquer gentiment – une lettre de Guy Verhofstadt sur l’effet papillon, soit la capacité pour les plus petites actions d’amener les plus grands progrès. On y parle de microcrédit, d’énergies alternatives et de Barack Obama.
Tout cela paraît bien sérieux. Pourtant, l’autodérision et l’ironie subtile des auteurs et acteurs embarquent les spectateurs, conquis d’un bout à l’autre, certains n’hésitant pas à intervenir quand on sollicite leur avis. Si on ne sort pas plus optimiste de cette Anthologie, on en sort repu, ravi, les neurones aussi stimulés que les zygomatiques.
Et pour ceux qui souhaiteraient poursuivre la gymnastique, la discussion continue sur internet : www.anthologyofoptimism.
