Comment l’Open VLD tente de torpiller la Lijst Dedecker

VANOVERBEKE,DIRK

Vendredi 8 mai 2009

Nous publions ici la traduction du courriel envoyé par Dirk Vijnck à Jean-Marie Dedecker qui explique la manière dont le VLD l’a débauché sur ces listes. « J’ai compris que j’avais été utilisé par Bart Somers et le VLD pour torpiller la LDD »… Le président de l’Open VLD reconnaît sa faute.

Il y a deux semaines, M. Vijnck, député LDD à la Chambre, mais ancien militant de l’Open VLD, a quitté la Lijst Dedecker pour retourner chez les libéraux flamands.

Lundi, le transfuge a toutefois décidé de faire le trajet dans l’autre sens et est revenu à la LDD. Mardi, il est apparu que M. Somers avait conclu une convention écrite avec M. Vijnck dans laquelle il lui promettait une place éligible aux élections de 2011 ou une fonction rémunérée au salaire d’un parlementaire.

Le président de l’Open VLD, Bart Somers, a reconnu mercredi qu’il avait commis une faute en promettant une place éligible ou le salaire d’un parlementaire au député Karel Vijnck lorsque celui-ci a quitté la Lijst Dedecker pour rejoindre l’Open VLD. « Je me suis trompé. J’ai fait des promesses que je ne pouvais pas faire », a déclaré M. Somers à l’issue d’une réunion interne de son parti. Le président de l’Open VLD a expliqué son initiative en évoquant l’« irritation » qu’il avait ressentie face aux pratiques de M. Dedecker. « Dirk Vijnck est venu nous trouver avec un récit crédible : en tant que libéral, il acceptait difficilement ces pratiques et voulait revenir. Il voulait être sûr que nous ne l’abuserions pas et que nous ne le laisserions pas tomber. Concrètement, il voulait une sécurité financière. Dans mon empressement à rendre la monnaie de sa pièce à la Lijst Dedecker, j’ai commis la faute de lui donner cette sécurité. Faire ce genre de promesse financière, c’est une faute », s’est justifié M. Somers.

Le président de l’Open VLD a tiré deux leçons de cet épisode : « On ne promet pas à quelqu’un de lui offrir un revenu et on ne se laisse pas entraîner dans ce genre de combat dans la boue. Je suis le premier dans le parti à dire qu’il faut éviter ça et accorder de l’importance au contenu. Je n’ai pas respecté ma propre règle. C’était la première et la dernière fois », a-t-il assuré.

Le courriel de Vijnck

« Les premiers contacts ont débuté le 22 janvier 2009 dans la cafétéria du Parlement fédéral. Luk Van Biesen (député fédéral VLD et conseiller communal à Crainhem NDLR) est venu spontanément me saluer et m’a dit à quel point je semblais fatigué. Une remarque qui m’a étonné, vu qu’il ne s’était jamais intéressé à moi dans le passé. J’étais à ce moment très émotif à cause des déclarations de Boudewijn Bouckaert (professeur à l’Université de Gand et idéologue de la LDD NDLR) qui venait de déclarer dans les colonnes de « Knack » que je n’avais pas ma place au parlement. Je n’étais pas bien dans ma peau à cause de circonstances familiales personnelles et Van Biesen l’avait manifestement compris.

La discussion s’est arrêtée là, mais un mois plus tard, il est revenu à la charge en me demandant : « Tu n’as pas l’air en forme, quelque chose ne va pas ? ». Ce à quoi j’ai répondu que j’étais fatigué. Il a répliqué : « Si je peux faire quelque chose pour toi, dis-le-moi ». Depuis, il venait régulièrement vers moi, en me donnant un petit coup sur l’épaule. (…) Chaque fois qu’il me croisait, il me prêtait une grande attention en m’affirmant que je me sentirais beaucoup mieux au sein du VLD, un plus grand parti qui m’accorderait plus de soutien. C’est précisément ce qui me manquait le plus au sein de la LDD.

L’affaire du détective privé (lancé par Jean-Marie Dedecker aux trousses de Karel De Gucht dans une sombre affaire de confusion d’intérêts NDLR) éclata alors pendant les vacances de Pâques. Si je comprenais les motivations de Jean-Marie, je craignais l’effet négatif que cette affaire pouvait entraîner pour le parti. (…)

Après un bureau de parti traitant de la répercussion de cette affaire dans la presse, je reçus un savon de Jean-Marie qui me précisa que si, au bout de deux ans, je n’avais rien prouvé, je pourrais prendre la porte. J’ai interprété cela comme la fin de mon aventure à la LDD. Je constate aujourd’hui que je m’étais trompé. Mais je ne savais plus très bien où j’en étais. (…)

C’est dans ces circonstances que j’ai reçu un SMS de Luk Van Biesen, me demandant de le rencontrer. Lors de notre entretien dans la cafétéria, il me demanda ce que je pensais de l’affaire du détective, ce à quoi je lui répondis que je la regrettais. C’est alors qu’il m’a demandé de me rendre avec lui à la rue Melsens pour une entrevue avec Bart Somers. J’ai répété au président du VLD que je n’étais pas d’accord avec l’initiative de Jean-Marie De Decker, qui s’était lancé dans cette affaire de détective privé. Répondant à une autre question, j’ai confirmé que je ne me sentais pas assez soutenu à la LDD. Ils m’ont répondu qu’ils m’attribueraient deux collaborateurs. Je leur ai précisé que je souhaitais encore siéger pendant une deuxième législature. C’est alors qu’ils m’ont proposé une place éligible ou, à défaut, un job avec un salaire équivalent. Je leur ai demandé s’ils étaient prêts à confirmer cela par écrit. Bart Somers a immédiatement demandé à son secrétaire de rédiger l’accord sur papier. Cinq minutes plus tard, il était prêt pour la signature. Bart Somers et Kris Luyckx, le secrétaire du VLD m’ont alors demandé ce qui me faisait encore hésiter. Ils ont tous deux signé l’accord et ont glissé la feuille sous mes yeux. Ils ont encore lourdement insisté, après quoi j’ai fini, après leur avoir d’abord demandé un délai de réflexion, par apposer à mon tour ma signature au bas

de l’accord. (…)

Je ne m’attendais pas du tout aux conséquences financières que mon départ signifiait pour la LDD. Je ne l’ai appris par la presse qu’ultérieurement.

J’ai plus tard surpris une conversation menée par Luk Van Biesen dans laquelle il précisait que je ne serais plus d’aucune utilité après le 7 juin et que je pourrais, après les élections, participer à la direction de la section locale du Open VLD. Manifestement, un mail de la section du VLD de Landen (la commune de Dirk Vijnck NDLR) avait précisé que je n’étais pas le bienvenu dans leur section et qu’en aucun cas, il n’était question que j’obtienne une place éligible à l’échelon communal.

C’est à ce moment que j’ai compris que j’avais été utilisé par Bart Somers et le VLD pour torpiller la LDD. Ils voulaient détruire son groupe politique et éradiquer sa force et ses moyens d’actions fédéraux.

Jeudi dernier, Luk Van Biesen avait un entretien avec Martine De Maght (autre députée fédérale LDD) pour la convaincre à son tour de faire le pas, afin de réduire à trois sur cinq le nombre de députés LDD. Martine n’a pas accepté. Ma décision de revenir à la LDD a été très rapide, après avoir été convaincu de la manière dont Luk Van Biesen, Bart Somers et le VLD m’avaient trompé. »

Pas de résultats.