Reine Elisabeth : les Coréens se bousculent
FRICHE,MICHELE
Dimanche 10 mai 2009
145 inscrits, 83 retenus, 67 présents : c’était le premier écrémage (sévère, bien plus que pour les autres concours) de cette session avant le verdict des éliminatoires. Difficile d’en saisir les causes. Quoi qu’il en soit, la Belgique a fait un carton, car non seulement les deux violonistes de chez nous, Lorenzo Gatto, le francophone et Jolente De Maeyer, la flamande (une répartition pure belge !) font partie des élus demi-finalistes mais ils sont aussi rejoints par deux autres artistes d’origine étrangère qui sont les hôtes de la Chapelle musicale Reine Elisabeth : la Lettone Vineta Sareika, l’une des plus rayonnantes musiciennes du Concours, et l’Arménien Hrachya Avanesyan. Un troisième élève d’Augustin Dumay et de son équipe, le Russe Leonid Smorguner, malade, n’a pas pu jouer.
Passé ce cocorico légitime, d’autres statistiques s’imposent. Du plantureux contingent d’Extrême- Orient (la moitié des 67 violonistes !) les Coréens étaient les plus nombreux dans les starting blocks et ils le restent : de 15 ils passent à 7. Les Japonais sont plutôt décimés : un seul sur 9 candidats. Et des 6 Chinois, 2 se retrouvent en demi-finales. L’on n’avait plus vu la Russie aussi bien représentée depuis plusieurs sessions du concours, mais ses 9 représentants ont fondu à 2… Quant aux Etats-Unis, leurs 6 sélectionnés s’étaient déjà réduits à 3 aux éliminatoires et il n’en reste qu’un seul demi-finaliste. L’on est loin du temps où Russes et Américains se taillaient la part du lion ! Par contre la montée en puissance de la Corée s’affirme à chaque session, non seulement par le nombre mais aussi par la qualité et le raffinement de ses interprètes. Question d’enseignement et d’internationalisation des pédagogies ? Balayée elle aussi cette image d’Asiatiques parfaits techniciens moulés dans une sorte d’impersonnalité. Outre les nationalités déjà citées, les 24 demi-finalistes comptent encore un représentant d’Allemagne, de France, de Pologne, d’Australie, de Finlande, de Moldavie et de Slovaquie.
Le programme des éliminatoires (Sonate pour violon seul de Bach, Caprices de Paganini et un mouvement d’un concerto de Bartok) était d’une austérité et d’une difficulté rares dont seuls les vraies natures et les plus aguerris virtuoses pouvaient s’en sortir. Ce n’est que le propre d’une épreuve qui doit permettre de sélectionner un tiers de ses effectifs… Mission accomplie et l’on verra si les demi-finales vont confirmer les choix du jury.
Rappelons qu’à ce stade, les prestations se répartissent sur deux jours. L’après-midi, deux concurrents jouent un concerto de Mozart avec l’Orchestre de chambre de Wallonie sous la direction de Paul Goodwin, et l’après midi, deux autres s’affrontent dans un récital avec piano qui comprend une page inédite de Claude Ledoux, une oeuvre pour violon seul d’Ysaÿe et 4 pages de compositeurs différents.
