EDF-SPE : Van Quickenborne réclame une enquête

AFP

Lundi 11 mai 2009

Le ministre belge de l’Entreprise a demandé une enquête de la Commission européenne sur l’achat par le français EDF du numéro 2 belge de l’électricité SPE. Il s’inquiète pour la concurrence sur ce marché.

« Le ministre a exprimé son souci par rapport à la concurrence sur le marché belge de l’électricité », a indiqué à l’AFP le porte-parole du ministre Vincent Van Quickenborne. « Il a demandé à la Commission européenne de veiller attentivement à ce que la concurrence soit garantie sur le marché belge de l’électricité et à ce que la concurrence entre EDF et GDF continue de jouer », a-t-il ajouté.

Les inquiétudes du ministre sont notamment motivées par le fait que les deux groupes « ont tous les deux le même actionnaire, à savoir l’Etat français », a rappelé le porte-parole.

GDF Suez détient déjà le premier producteur d’électricité belge Electrabel, qui détient 90 % de part de marché. Et EDF a annoncé lundi qu’il allait prendre le contrôle à 51 % de l’autre producteur d’électricité du pays, SPE-Luminus, jusqu’alors aux mains du britannique Centrica.

Un porte-parole de la Commission européenne n’a pas été en mesure de faire un commentaire dans l’immédiat.

Le passage sous pavillon français des joyaux de l’économie belge, dans l’énergie mais aussi dans d’autres secteurs, est un sujet sensible en Belgique.

Début 2008, quand GDF Suez cherchait un repreneur pour ses parts dans le groupe gazier Distrigaz, le Premier ministre de l’époque Guy Verhofstadt avait laissé entendre qu’il ne voulait pas que ce soit EDF.

« Nous n’avons aucun intérêt à passer d’un monopole à un duopole, et certainement pas à un duopole français », avait-il alors commenté, disant vouloir « une véritable libéralisation, avec trois ou quatre acteurs » pour « aboutir à de véritables baisses de prix. » Plus récemment, les critiques envers l’offensive des Français sur l’économie nationale ont été assez vives dans la presse et l’opinion concernant le secteur bancaire, et surtout la reprise de la première banque du pays, Fortis Banque, par BNP Paribas.

« Cela suffit de voir les fleurons belges partir sous le giron étranger, de voir des pans entiers de notre économie être démantelés », s’est notamment insurgé Mischael Modrikamen, avocat vedette des petits actionnaires opposés à l’arrivée de BNP. « Messieurs les Français, rentrez chez vous ! », a-t-il dit.

Outre GDF Suez, de nombreux grands groupes français sont présents sur le marché belge, comme par exemple France Télécom dont la filiale de téléphonie mobile Mobistar est numéro 2 du marché belge ou Carrefour qui est numéro un dans la distribution.

(afp)

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