Donfut, consultant et ministre, fera débat au Parlement
BELGA
Mardi 12 mai 2009
Le député Richard Miller (MR) déposera mardi au parlement wallon une interpellation au ministre-président Rudy Demotte à propos de la situation du ministre de l’Action sociale, Didier Donfut. Ce dernier aurait signé en 2000 une convention qui le lie comme consultant à une intercommunale pour un montant annuel de 120.000 €. Ecolo réclame aussi une réaction.
Le ministre wallon Didier Donfut, 3e sur la liste PS à Mons, a signé en 2000 une convention qui lie sa société de consulting (IDEE) à l’IGH (Intercommunale gazière du Hainaut) pour un montant annuel de 120.000 euros. Les gains de l’activité de consultance de la société de Didier Donfut s’ajoutent à son salaire ministériel, écrit mardi La Libre Belgique. La convention est toujours en vigueur. Elle a été reconduite en 2006 et a été indexée. Elle tourne aujourd’hui autour de 143.000 euros par an.
La société a facturé pour plusieurs centaines de milliers d’euros en huit ans. Les factures s’enchaînent et les cachets de consultance de l’IDEE sont versés sur le compte bancaire de la société de Didier Donfut dont il est l’unique actionnaire et qui n’emploie qu’une personne.
Les missions d’IDEE se limitent à quelques conseils dans les contacts entre IGH et Electrabel. La convention prévoit que « le consultant pourra organiser ses activités avec la plus grande liberté et avec la plus complète indépendance ».
IGH est présidée par Marie-Paul Bury, conseillère communale PS à Frameries, commune dont M. Donfut est bourgmestre. La convention a été signée en 2000 par Robert Urbain et Patrick Moriau, également PS.
Une seconde convention lie, depuis 2000, IDEE à une autre structure publique, la Socofe, un holding public présidé par Jean-Claude Marcourt. La Libre Belgique s’interroge sur le montant de cette convention.
Il apparaît que Didier Donfut a mené des négociations gouvernementales pour le PS sur le décret gaz et électricité. « Il a effectué un lobby caricatural pour Electrabel », a rapporté au journal un observateur de premier plan.
« D’après cette convention, des montants importants auraient été versés à M.Donfut pour des missions très limitées », a expliqué M. Miller.
Le parlement wallon a cessé ses activités le 30 avril mais il n’est pas dissous. Il peut donc valablement se réunir à nouveau, a fait remarquer le député, en rappelant que le président José Happart avait lui-même indiqué qu’il était disposé à réunir l’assemblée si besoin était.
Ecolo a également réclamé la convocation d’une commission conjointe Affaires générales-Affaires intérieures du parlement wallon à propos de la situation du ministre de l’Action sociale, Didier Donfut. Plus largement, les Verts appellent à une réforme profonde de la gouvernance publique en Wallonie.
Le contrat d’expert passé entre une société détenue par M. Donfut (le bureau de consultance IDEE) et l’Intercommunale de Gaz du Hainaut (IGH) pose une série de problèmes aux yeux des Verts. Cette mission n’apparaît pas dans la déclaration de mandats de M. Donfut. Qui plus est, le parlement wallon a pris des dispositions visant à interdire l’exercice de ce genre de mission à travers une société. Sur le plan fonctionnel, il y a un conflit d’intérêts, estime Ecolo, puisque le ministre a été amené à s’occuper des matières de gaz et d’électricité dans le cadre de ses fonctions.
« Plus largement, cette problématique illustre à nouveau la nécessité de moderniser la gouvernance en Région wallonne. Alors qu’un jalon intéressant a été franchi il y a peu avec le décret sur le révisorat, il sera nécessaire, lors de la prochaine législature, d’élargir ce débat à l’ensemble des conflits d’intérêt, pour éviter également pareils montages opaques allant totalement à l’encontre de l’éthique politique qu’on attend d’un mandataire public », disent encore les Verts.
(d’après Belga)
