L’état français, premier électricien belge
CONDIJTS,JOAN
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Mardi 12 mai 2009
Nulle fuite de centre de décision vers l’étranger, pas de bijou national qui quitte le royaume : SPE appartenait au britannique Centrica qui l’a cédé pour 1,3 milliard d’euros à EDF. Le problème se situe ailleurs. Précisément dans l’actionnariat d’EDF.
Le premier électricien hexagonal est détenu par l’Etat français. Et Paris dispose également d’environ 40 % du capital de GDF Suez. Soit la maison mère d’Electrabel, le premier fournisseur de courant à Bruxelles, en Wallonie ainsi qu’en Flandre. Autrement dit, le propriétaire (ou quasiment) de l’essentiel du parc de production d’électricité belge réside dans la Ville Lumière, précisément au palais de l’Elysée.
Etait-ce l’objectif de l’ouverture à la concurrence voulue par les instances européennes ? Faire en sorte que les électriciens d’un pays passent sous le contrôle de l’Etat voisin ? Si tel était le cas, la Belgique apparaît comme l’exemple parfait.
La suite ? Limpide. Les deux géants français vont se livrer une guerre des prix sans merci pour attirer les clients belges. Pure logique de marché. Des doutes ? Justifiés. La suite risque davantage de s’écrire sous le joug d’un oligopole, sinon d’un duopole orchestré de deux sièges parisiens et arbitré par un actionnaire unique : l’Etat français.
Le pire finalement dépasse cependant le simple constat d’impuissance d’un gouvernement belge si prompt à aboyer devant ce dépeçage énergétique. Jamais à mordre. Le pire vient sans doute du fait qu’en mettant d’autres protagonistes à la place des grandes entreprises françaises, les conclusions seraient sans doute similaires pour le consommateur : la libéralisation des marchés montre ses limites avec ce produit particulier qu’est l’électricité. Et les espoirs d’une concurrence effrénée, menant à des baisses de prix, paraissent vains et utopiques.
