Reine Elisabeth : Impérial Lorenzo Gatto

MARTIN,SERGE

Mardi 12 mai 2009

Musique Mardi après-midi au Concours Reine Elisabeth

Demi-finales Lorenzo Gatto a signé mardi après-midi une prestation qui confirme tous les espoirs mis dans ce jeune violoniste belge de 22 ans.

Lorenzo Gatto a signé mardi après-midi une prestation qui confirme tous les espoirs mis dans ce jeune violoniste belge de 22 ans. De l’élégance dans l’introduction de la Havanaise, du panache et de la superbe dans la partie rapide, le candidat affiche d’emblée une complémentarité de talents. Sous son archet A Paganini de Schnittke devient une œuvre profonde, saisissante dans ses effets de résonance, la rigueur de sa construction et l’énergie de son engagement. Grâce à cet archet triomphal, la sonate d’Ysaye récupère la vigueur et l’ampleur qui lui ont souvent manqué jusqu’ici et redevient ce chef d’oeuvre vigoureux d’un grand violoniste-compositeur. Astucieux travail sur les contrastes de dynamique, très beau contrôle de l’aigu, sens du récit : Gatto crée une unité dans la diversité féconde de l’imposé, sachant s’y réserver des phases de réflexion pour mieux enlever ensuite une musique qui ne demande qu’à être possédée. Retour au mélange de grâce un peu désuette et de panache fantasque du début de prestation dans la Valse Scherzo de Tchaikovski qui clôture triomphalement une prestation enthousiasmante.

On n’en dira pas autant de celle de Zhang Jing (Chine) dont le jeu s’engonce dans la technicité pure dès que surgit une difficulté. C’est flagrant dans la lecture scolaire et appliquée de la sonate d’Ysaye, dérangeant dans certains passages du Poème de Chausson qui contrastent avec les beaux moments lyriques qui les entourent. L’imposé devient une démonstration d’objectivité désenchantée. Un meilleur équilibre s’installe dans la Rhapsodie nº1 de Bartok qui n’en reste pas moins passablement disparate.

Côté concertos, Mozart a enfin trouvé des serviteurs plus zélés. On apprécie le mélange d’entrain, de vitalité et de bonne humeur dans le 4e concerto volontiers insouciant de Kim Suyoen (Corée). C’est toutefois Hrachya Avanesyan (Arménie) qui nous apportera avec son lumineux 3e concerto nos premiers moments d’authentique plaisir Impulsion bondissante du premier mouvement, très belle douceur du mouvement lent, finale aisé et radieux, cette vision séductrice choquera peut-être les râleurs pointus. Mais diantre quel bonheur que de retrouver un Mozart enlevé, généreux et fier !

Pas de résultats.