Reine Elisabeth : trois grosses pointures mardi soir

MARTIN,SERGE

Mercredi 13 mai 2009

Demi-finales Soirée faste que ce mardi soir avec Karvay, Bendix-Balgley, Chen.

Au point de faire paraître un peu fade et mécanique la lecture du 4e concerto de Mozart par Solenne Païdassi (France). Surtout quand on le compare au tonus affiché ensuite par Dalibor Karvay (Slovaquie) dans le 3e concerto. Beaucoup de contrastes entre instants de retenue et impulsions irrépressibles avec un flot de nuances pertinentes qui relancent sans cesse le propos. Le mouvement lent prend alors l’allure d’un rêve éveillé où se noue, comme jamais jusqu’ici, une réelle complicité entre le violon soliste et les bois de l’orchestre. Un dialogue qui se prolonge avec malice dans l’esprit de répartie d’un passionnant rondo final.

Noah Bendix-Balgley (USA) nous amène un type de jeu comme on n’en espérait plus : un son large et ample qui dégage une saine impression de bonne santé. Pour le coup, le rondo D 895 de Schubert justifie pleinement son qualificatif de brillant : de l’élan, de la fougue, de l’esprit et de la tendresse à foison. Quel panache, quel entrain, quelle richesse de sonorités ! Ces dernières embaument littéralement la sonate d’Ysaye qui récupère des contours sensuels de bon aloi. Dans la foulée, le violoniste américain empoigne littéralement l’imposé avec un bel enthousiasme, tirant parti des mille effets d’ornementation de la partition pour créer avec le pianiste un des plus beaux dialogues entendus jusqu’ici. Et les « Variations sur un thème original « de Weniawski achèvent de porter le public en état de fusion.

Contraste complet avec Chen Jiafeng (Chine) qui nous apporte une palette sonore d’un extrême raffinement, nous révélant dans l’imposé des associations de teintes non encore décelées jusqu’ici. De beaux contrastes, des couleurs justement dosées, des rythmes affirmés donnent une assise nouvelle à l’imposé et pare la sonate d’Ysaye d’un beau mélange d’éloquence et de délicatesse. Avant le festival pyrotechnique de « La Campanella « paganinienne, le candidat chinois avait fait montre d’un beau sens du juste climat dans les très atmosphériques « Cinq mélodies « de Prokofiev. Une soirée dont on se souviendra.

Pas de résultats.