Le PS ne doit s’en prendre qu’À LUI-même

LAMQUIN,VERONIQUE

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Mercredi 13 mai 2009

Didier Donfut n’a rien commis d’illégal. L’omission, dans sa déclaration de mandats, de ses rémunérations d’expert ne constituerait pas une infraction. Surtout, rien n’interdit, aujourd’hui, à un ministre de cumuler sa fonction avec celle de consultant.

S’il n’a pas enfreint la loi, il a en revanche violé l’éthique. Dont les principes, non écrits, s’imposent à tous les mandataires.

Pas besoin d’un code de bonne conduite pour savoir que la fonction de ministre s’exerce à temps plein. Surtout quand on s’occupe d’Action sociale (lisez les politiques liées aux défavorisés, aux seniors, aux handicapés) et de Santé, dans une Région wallonne où les problèmes, dans ces secteurs, sont criants. Pas besoin, non plus, d’une charte du comportement sain pour savoir que la casquette ministérielle ne peut être ôtée, fût-ce le temps d’une réunion. Imagine-t-on un Premier ministre mettre entre parenthèses son mandat de chef du gouvernement, le temps de défendre les intérêts de sa société privée ? Inimaginable. Pour lui, comme pour tout ministre du Royaume. Voilà pourquoi Didier Donfut devait démissionner. Peut-être n’est-il pas le seul à avoir cru que la légalité supplantait l’éthique. Sans doute sa confusion des genres a-t-elle été avalisée par les autres partis, représentés dans les structures pour lesquelles il consultait… Mais pointer la faute de l’autre n’exonère pas la sienne.

Cette affaire aura aussi fait une victime : la campagne. Le scrutin régional mérite que l’on s’attarde sur ses enjeux, l’enseignement, l’emploi, l’environnement. Las, l’épisode Donfut vient sans doute de rouvrir la guerre des petites phrases, sur fond de scandales. Car les autres partis ne manqueront pas d’exploiter cette affaire.

Mais rien de tout cela ne serait arrivé si Elio Di Rupo avait imposé à chacun de ses mandataires une réelle introspection ; s’il avait veillé à ce que chacun de ses élus soit irréprochable. En trois ans et demi de « rénovation » de son parti, il en avait le temps. Celui d’anticiper les scandales plutôt que d’essayer de les rattraper. Le PS ne pourra blâmer personne d’autre que lui-même si, le 7 juin, il essuie une défaite aussi cuisante qu’en juin 2007.

Pas de résultats.