Reine Elisabeth : lendemain difficile après la déferlante
MARTIN,SERGE
Jeudi 14 mai 2009
Les choses avaient pourtant plutôt bien commencé. En fait il suffit d’examiner l’énergie que met Paul Goodwin à attaquer le concerto de Mozart pour avoir une idée de l’intérêt que nous réserve le candidat.
On l’a encore observé avec le 3e concerto de la Coréenne Yoon Soyoung : des phrasés naturels, une justesse d’accents, même si le jeu est parfois un peu serré, donnait un beau tonus à cette exécution qui connut son plus beau moment dans la douce romance du mouvement lent.
La candeur un peu insouciante de sa compatriote Shin Hyun-Su dans le 4e concerto ne nous emmenait hélas pas vers le même bonheur.
Jaroslaw Nadrzycki (Pologne) imprime une belle allure à la sonate d’Ysaye. Conquérant dans son attaque, charmeur et lyrique ailleurs, il joue habilement la carte des contrastes. L’imposé commence avec une grande intensité mais se perd un peu vite dans une recherche en demi-teintes sur les ornementations qui ne parvient pas vraiment à déboucher sur une vision. Le tempérament impulsif du violoniste polonais le pousse à bousculer la sonate en fa majeur de Mendelssohn et le Fantaisie sur Carmen déclenche son flot d’effets spectaculaires. Sans plus.
tout comme d’ailleurs la Polonaise de Weniawski qui termine la prestation du Russe Andrey Baranov, un beau musicien au tempérament un peu sage. Il a le bon goût de rester sobre dans le Poème de Chausson. L’imposé est bien construit, sérieux dans son approche, toujours décent mais parfois peu impliqué. Beaucoup de mouvement et de lyrisme par contre dans la sonate d’Ysaye qui, si elle ne décolle pas, a toutefois belle allure. À l’instar de la Valse-Scherzo de Tchaikovski dont on apprécie l’honnêteté sans s’extasier. La prestation d’un bon élève qui fait ce qu’il faut quand il faut.
Un 5e concerto de Mozart qui est un vrai moment de théâtre instrumental (Nikita Borisoglebsky), un 4e d’un culot monstre (Ray Chen) réchauffe l’atmosphère. Le jeu rhapsodique de d’Ilian Garnet séduit dans Ledoux, Ysaye et Bartók et se casse le nez sur les démonstrations virtuoses. Très imaginative dans « V… » de Ledoux, très éloquente dans Ysaye, Han Soojin manque d’imagination dans Schubert et s’engloutit dans un inutile « Polonaise » de Weniawski.
