Des milliers d’euro-manifestants à Bruxelles

BELGA; AFP

Vendredi 15 mai 2009

Au moins 40.000 personnes, majoritairement des Belges mais aussi des Français ou des Néerlandais, défilaient vendredi après-midi à Bruxelles pour défendre l’emploi et le pouvoir d’achat en Europe. Le coup d’envoi d’une série de quatre « euro-manifestations » avait été donné hier à Madrid.

« Nous voulons une Europe qui nous protège des dérèglements financiers qui menacent l’emploi », a déclaré vendredi John Monks, le dirigeant de la Confédération européenne des syndicats (CES). Les organisateurs ont estimé le nombre de manifestants à 50.000, la police en a dénombré 40.000.

Les manifestants, belges pour la plupart, ont pacifiquement mais bruyamment défilé entre la gare du Nord et celle du Midi, dans le centre de Bruxelles coupé en grande partie à la circulation automobile. Venus aussi bien du nord que du sud du pays, les manifestants arboraient pour la plupart les couleurs d’un des trois grands syndicats du pays.

Dans le cortège, les ouvriers de la métallurgie, l’un des secteurs les plus touchés par la crise économique, étaient omniprésents. Parmi eux Mahmoud Khayati, qui travaille dans une usine belge de fabrication de fûts d’acier pour l’industrie chimique, a fait beaucoup moins d’heures de travail depuis septembre, perdant 20 % de son salaire. Mais il reste optimiste : « depuis deux mois c’est bien, les commandes ont repris ». Une petite délégation de l’usine Opel d’Anvers, a également fait le déplacement. « Nous sommes venus à 50, pas plus, ce n’est pas le moment de paralyser l’usine », commente Werner Dillen, un délégué syndical, qui craint que son site ne soit sacrifié par la direction de la maison mère américaine, General Motors.

« Yes we can ! »

A côté des traditionnels pétards et coups de sifflet, plusieurs manifestants brandissaient des pancartes proclamant : « A social Europe ?, yes we can ! », en écho au slogan de campagne du président américain Barack Obama. Certains, déguisés en poulets, portaient des panneaux demandant à l’Europe de « ne pas les plumer ».

Des manifestants du nord de la France, aux couleurs des grands syndicats français, ouvraient le cortège. « La sécurité de l’emploi n’est plus comme avant », jugeait l’un d’eux, Raymond Chopin, un employé de la ville de Lens, ardent défenseur de la semaine hebdomadaire française de 35 heures.

Organisée à trois semaines des élections régionales et européennes, cette manifestation intervient alors que la crise fait de plus en plus sentir ses effets en Europe, notamment par une lente progression du chômage.

« Les travailleurs n’ont plus d’enthousiasme pour l’Europe », reconnaissait vendredi Luc Cortebeek, président de la CSC, peu avant le début de la manifestation. Pour Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB, cette manifestation vise aussi à réclamer plus de justice dans les salaires. » Un PDG gagne en trois semaines ce que les travaillent touchent en un an ! «, a-t-elle dénoncé vendredi, appelant également à plus d’efforts en Europe pour lutter contre la fraude fiscale, évaluée à 200 milliards d’euros en Europe, dont 10 milliards rien qu’en Belgique.

Le coup d’envoi d’une série de quatre « euro-manifestations » avait été donné la veille à Madrid, où des dizaines de milliers de manifestants s’étaient déjà déplacés (20.000 selon la police, 150.000 selon les organisateurs). Deux autres manifestations sont programmées samedi, respectivement à Prague et Berlin.

(afp, belga)

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