Reine Elisabeth : Les douze finalistes seront connus ce soir

FRICHE,MICHELE

Samedi 16 mai 2009

Vendredi soir Après un après-midi faste avec Lorenzo Gatto, Suyoen Kim et Hrachya Avanesyan, la soirée ménage des surprises. L’Américain Noah Bendix-Balgley se profile dans le 3ème concerto de Mozart.

L’Américain Noah Bendix-Balgley se profile dans le 3ème concerto de Mozart, en simplicité, en probité, un Mozart de lumière, dans une couleur brillante et douce à la fois, idéale. Beau à pleurer dans un mouvement lent en apesanteur. Avec la même élégance d’un archet qui n’a nulle sagesse sèche, Jiafeng Chen (Chine) lui emboîte le pas dans le plus rare 1er. Sa vélocité respire un peu moins que celle du jeune Américain, et son Mozart se retranche d’abord derrière une sorte d’objectivité, mais dès la cadence de l’allegro initial, il captive davantage. Sa virtuosité s’articule en finesse, l’attaque est franche, et le discours construit : raffiné et un brin malicieux.

Changeons d’orbite avec les récitals de Solenne Païdassi et de Dalibor Karvay. La première est française, le second slovaque. Elle affiche un sourire imperturbable, très doux, lui se sangle en habit noir, ténébreux. La jeune française révèle pas mal de qualité, du tonus, de la sûreté (mais fatiguée en fin d’un parcours de 50 minutes !), une belle palette limpide, et elle a l’air de nager comme un poison dans l’eau dans la virtuosité du XXème siècle (deux pièces de Berio), mais le V imposé de Ledoux comme la sonate d’Ysayë manque d’originalité, de « démesure « et les Caprices paganiniens, pervertis par Szymanowski comme le Wieniawsky brillent sans second degré et sans surprise.

Dalibor Karvay est d’un autre calibre, de la race des musiciens cascadeurs hyper-doués (en technique et en instinct) qui se lancent dans un corps à corps haletant avec toutes les oeuvres. Le Subito de Lutoslavski est emporté par une cadence vertigineuse et scandé en gerbes d’étincelles ! Ledoux empoigne notre attention, avec frappes du pied ! Etonnant interprète dont la musique se lit autant sur le visage que sur son violon. Et si la sonate d’Ysayë file dans un train trop monochrome, la Havanaise de Saint-Saens et la sempiternelle Fantaisie sur Carmen de Waxman sont bourrées d’élans, de contrastes, avec échappées lyriques, constamment en éveil. Quel panache !

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