Dans la rue pour ne pas rester à la rue

ANDRIES,CHLOE; LEPRINCE,PATRICE

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Lundi 18 mai 2009

Logement Manifestation ce dimanche

Se loger décemment est un droit constitutionnel, pas une loterie. » C’est en battant le pavé, calicots à la main, que quelques centaines de manifestants ont répondu, ce dimanche, à l’appel lancé par les associations militant pour le droit à l’habitat pour tous.

Place de la Monnaie ou le long des grands boulevards, les marcheurs ont fait part de leur message touchant à l’accès à un meilleur logement mais pas seulement, l’accent étant également mis sur d’autres revendications comme la hausse des allocations sociales, l’individualisation des droits sociaux et la suppression du statut de cohabitant. Pour rappel, deux chômeurs ou allocataires émargeant au CPAS et vivant sous le même toit voient leurs déjà maigres revenus amputés.

Réclamées également, la diminution des loyers, la lutte renforcée contre les marchands de sommeil ou encore l’augmentation de 20 % de l’offre de logements publics dans toutes les communes mais aussi la traque aux immeubles inoccupés (lire ci-contre).

Par ailleurs, les revendications de la vaste plate-forme composée notamment par la FGTB, la CSC, l’Arau, Inter-Environnement et divers collectifs de défense du droit à l’habitat portent aussi sur l’instauration d’un loyer de référence sur la base de critères objectifs (surface, commodités, isolation). Et sur la taxation des loyers réellement perçus : le revenu cadastral n’a plus évolué en Belgique depuis 1975.

« C’est vide, donc j’occupe »

C’est vide, donc j’occupe. » Placardée sur la porte d’entrée, l’affiche ne souffre aucune équivoque. Les associations qui squattent depuis une semaine cet ancien immeuble des contributions sis place Morichar, à Saint-Gilles, comptent bien rester là. Passé le seuil, c’est un hall gigantesque qui se découvre. Au total, cinq étages et deux sous-sols. Vides. Çà et là, des chaises dépareillées, quelques fauteuils défoncés, des sacs de jouets. À l’entrée, Hannan boit son café. Les yeux cernés, la brune se fait taiseuse. C’est sa sœur qui nous raconte son histoire. « Depuis qu’elle est arrivée en Belgique, il y a sept ans, avec ses trois enfants, elle ne parvient ni à obtenir de papiers et encore moins à trouver un logement. » La famille survit au gré des hébergements, chez des amis, des bénévoles. Hannan vient d’avoir une promesse de régularisation, à condition de trouver un travail dans les 3 mois. Mais ces papiers ne régleront pas forcément la question du toit. « La problématique du logement ne touche plus seulement les pauvres et les sans-papiers », explique José Garcia, secrétaire général du syndicat des locataires.

Choukri, 48 ans, assure l’accueil. Après 17 ans passés chez Volkswagen, l’homme a perdu son emploi. Séparé de son épouse, l’homme vit dans un taudis à 450 euros par mois. Insalubre. Sa toux permanente trahit les nuits passées dans l’humidité. Ses quatre enfants, il leur ment souvent.

« Parfois, je leur fais croire que je suis trop occupé pour les accueillir, parce que j’ai honte. » Choukri et ses mômes font partie des trente familles inscrites pour occuper l’immeuble. Pourquoi pas davantage de personnes accueillies ? « Nous ne voulons pas en faire un squat. Trente familles seront accueillies, mais il y aura aussi des ateliers pour les jeunes artistes, une garderie, un espace culturel. » Pour l’instant rien n’est encore décidé. « Mais nous gardons espoir », souligne José Garcia.

15.000

Chiffre clé

En Région bruxelloise, on dénombre entre 15.000 et 30.000 logements inoccupés et près de 2 millions de m2 de bureaux déserts. Inacceptable !, jugent de nombreuses associations militant pour le droit au logement.

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