Entre la jeunesse et la politique, un fossé béant
DORZEE,HUGUES
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Mardi 19 mai 2009
Mais ce désintérêt affiché vient sans doute d’ailleurs. Des profondeurs, par exemple, de la « particratie » : ce système qui, poussé à l’excès, assèche le débat d’idées, compresse les corps élus et appauvrit les institutions démocratiques. Quête du pouvoir à tout prix, clientélisme savamment entretenu, poids de « l’appareil », méfiance à l’égard des novices… Quelle place les partis dominants laissent-ils effectivement aux jeunes tentés au-delà du classique « exprime-toi et tais-toi » ? Sont-ils encore en phase avec cette génération « 18-21 » ? Ont-ils un intérêt réel et sincère pour leurs préoccupations premières ? Poser la question, c’est parfois y répondre. Et ce n’est pas un hasard si, dans leurs intentions de vote, les sondés se portent en priorité sur Écolo. Un parti jeune (dans l’histoire belge), peu appelé à gouverner (jusqu’ici) et soucieux de questions qui leur sont proches (comme en témoignent les études relatives à leurs valeurs).
On ne peut évidemment pas faire porter aux seuls partis de masse l’antipolitisme de la jeunesse. Ces organisations, tout comme d’autres (ONG, associations…), ont accouché en leur sein de talents précoces aujourd’hui entendus, reconnus et, parfois même portés aux responsabilités.
Ensuite, le jeunisme n’est ni une doctrine politique ni un gage de compétence. Enfin, l’éducation civique, c’est l’évidence même, passe avant tout par la famille, l’école, les cours philosophiques. Autant de canaux indispensables pour repolitiser cette génération aujourd’hui en rupture avec une certaine vie politique tellement étrangère à la leur.
