Inscriptions : comment encore obtenir une solution digne pour la rentrée ?
n.c.
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Mardi 19 mai 2009
Carte blanche
Positif parce que plusieurs éléments proposés par le Professeur Maniquet relèvent du bon sens et la majorité sont d’ailleurs en grand ligne en phase avec ce que nous prônons depuis des mois. La substance de cette réflexion entre les mains, nous avons donc bon espoir que le prochain gouvernement puisse s’accorder, en concertation avec tous les acteurs – dont nécessairement les parents –, sur un système d’inscription solide et acceptable pour la rentrée 2010.
Cela étant dit, malgré ces bonnes nouvelles, nous ne pouvons qu’être affligé en pensant que depuis le mois de décembre 2008, rien ou presque n’ait été fait par le gouvernement et le Cabinet Dupont en ce qui concerne la rentrée 2009. En outre, la CIRI, la Commission Inter-Réseaux pour les Inscriptions, n’a pas vraiment reçu les moyens et précisions juridiques pour suppléer à cette inertie.
Quoiqu’en dise le ministre Dupont, la bulle d’enfants sans école ne se dégonfle pas suffisamment vite pour que l’on puisse espérer une élimination de celle-ci avant le début des vacances. On ne peut que se rappeler avec amertume les paroles du même ministre à un enfant sans école en janvier de cette année, paroles répercutées sur toutes les chaînes de télévision : « D’ici quelques semaines, tous les enfants auront une école ! » Aujourd’hui, de son aveu, au moins 250 enfants resteraient sans école après élimination des inscriptions multiples. Mais nous n’en sommes pas encore là, à quelques semaines du CEB, des centaines d’enfants sont encore sans école et des milliers sont incertains de celle dans laquelle ils entameront leur scolarisation secondaire en septembre.
Et pourtant, en décembre, deux des auteurs de cette Carte blanche (Michel Parys et Laurent Ledoux) discutaient déjà avec Julie de Groote, Présidente de la Commission Education, et Laurent de Briey, responsable du Centre d’Etudes du CdH de solutions pour endiguer le problème qui ressemblaient fort à celle proposées par le Professeur Maniquet. Tandis qu’à la même époque, le troisième auteur de ce texte, Pierre Hardy, ingénieur civil en mathématiques appliquées, proposait un système fondamentalement proche de celui du Professeur. Force est de constater que tous ces efforts, toutes ces discussions, toute cette énergie positive sont restés sans lendemain. Le manque de dialogue et d’ouverture, voire l’orgueil, de certains, ont mené à ce que ces pistes pour circonscrire une solution digne et humaine pour les élèves ne soient pas rapidement prises en compte et exploitées. Que de temps inutilement perdu !
En outre, si les propositions du Professeur Maniquet ne valent que pour 2010 et après, que faire pour assurer une rentrée digne en 2009 ? Est-ce encore possible ?
Soyons réalistes : il n’y a pas de solutions miraculeuses face au chaos actuel. L’imbroglio juridique est difficile à dénouer totalement. Mais avec un peu de courage et de bonne volonté, tout en mettant pour un temps au moins les préjugés idéologiques au placard, il y doit y avoir moyen de mieux faire pour assurer aux élèves de 6e primaire concernés une entrée sereine dans les épreuves de CEB (certificat d’étude de base).
Sans prétendre avoir « la » solution in petto, nous proposons ci-dessous des actions qui devraient permettre de s’en rapprocher un peu :
1.Lancer une campagne d’information massive pour récolter préférences et premiers choix des parents dans les deux prochaines semaines (ceux qui sont encore dans les listes d’attente ou qui sont inscrits plusieurs fois). Le projet de courrier que la CIRI s’apprête à envoyer ce mardi à tous les parents concernés ne le prévoit pas. C’est une opportunité perdue. D’autant que les mesures associées à ce courrier sont extrêmement pernicieuses : faute d’une réponse immédiate de la part des parents, la CIRI procéderait au désistement d’office mais sur quelle base ? Le simple fait que de telles mesures ne soient pas accompagnées d’une campagne d’information plus claire et plus effective de la part du gouvernement et du Cabinet responsable est incompréhensible et inacceptable à la fois. Il est également du devoir, de la responsabilité des parents d’indiquer rapidement leurs préférences parmi toutes les demandes qu’ils ont en attente, s’ils ne veulent que d’autres décident à leur place, selon des critères que ne seront par forcément les leurs.
2.Communiquer parallèlement aux parents les données des écoles qui pourront créer des classes supplémentaires. Les écoles qui prendraient cette piste doivent avoir une assurance écrite que les NTPP (subsides) seront accordés de manière structurelle pour encadrer le surplus d’élèves au cours d’un cursus complet ;
3.Utiliser l’un ou l’autre modèle mathématique pour traiter ces préférences et premiers choix objectivement et ce, dans la plus grande transparence et premiers choix objectivement, et ce dans la plus grande transparence et le respect de l’ordre du tirage au sort qui prévaut pour cette année. Le modèle de Pierre Hardy est en tout cas prêt à l’usage et n’est pas fondamentalement différent, à première vue de celui du Professeur François Maniquet. Une fois les préférences des parents récoltées et encodées, un tel modèle peut produire en l’espace de quelques heures une proposition d’allocation des élèves concernés entre les écoles qui doit être à coup sûr meilleur que la situation actuelle. Ce modèle vise à attribuer à un maximum d’enfants sinon le premier choix, du moins le meilleur possible, par échanges de places, dans le respect des tirages au sort effectués cette année. Les enfants ayant obtenu leur meilleur choix, libéreraient les autres places pour d’autres enfants, qui pourraient ainsi également prétendre à leur premier (ou meilleur) choix.
4.Enfin, stimuler et communiquer largement vers les parents sur l’introduction de projets pédagogiques attractifs (si ce n’est déjà le cas) dans les écoles où ils restent de la place mais où la demande est ténue. Car il ne sera probablement pas possible que le premier choix de chaque famille soit accordé, les capacités des écoles étant limitées.
Ces pistes consistent essentiellement à utiliser de manière conjuguée tous les éléments introduits par le décret de Groote-Jamoulle mais dont la mise ne œuvre est restée étrangement timorées jusqu’à ce jour… alors que la bulle ne se dégonfle que sporadiquement, et que le temps presse…
Le Cabinet Dupont semble attendre Godot. Il ne reste que 4 semaines avant les épreuves de CEB et 6 avant les grandes vacances. La moindre des choses serait de pouvoir permettre à tous les enfants de connaître le nom de l’établissement dans lequel chacun commencera sa première année de secondaire. Et qu’ils puissent présenter leurs épreuves de CEB dans la dignité et passer, comme nous tous, des vacances sereines et régénératrices.
