Un Musée, c’est d’abord créé pour le public

VANTROYEN,JEAN-CLAUDE

Page 2

Mardi 26 mai 2009

Les musées ont une nouvelle image en Belgique. Positive. Débarrassée des toiles d’araignée et de la grisaille studieuse, vieillotte, didactique et, pour tout dire, répulsive qu’ils ont traînée pendant des décennies. Le musée, aujourd’hui, est un endroit moderne, lumineux, où l’on apprend sans s’ennuyer grâce à toutes les techniques de communication contemporaine. Il se rénove, comme celui d’Afrique centrale à Tervuren ou le BAM de Mons. S’étend comme celui de la Photo à Charleroi. Se redéploie comme le Grand Curtius de Liège. Ou se crée comme le Musée Magritte, qui s’ouvre le 2 juin, ou le Museum aan de stroom d’Anvers, prévu pour 2010.

Et les exemples sont plus nombreux.

C’est que l’intérêt pour les musées a crû, depuis plusieurs années. Dans une société où l’on n’a plus une notion claire du futur, on recherche son identité dans le passé et dans la production artistique, qui donne relief et fierté à notre présent.

C’est aussi – surtout ? – que, depuis l’ouverture du Musée Guggenheim de Bilbao en 1997, les villes et les États se sont rendu compte que le musée n’était pas un luxe superfétatoire mais le fer de lance d’une relance touristique, c’est-à-dire économique. Le succès de Bilbao a ouvert les yeux de tout un tas de décideurs qui ont, dès lors, permis à des projets muséaux de se développer et de fonctionner. La Belgique, la Région bruxelloise, la Fondation Magritte et le partenaire privé qu’est Suez l’ont particulièrement bien compris pour le Musée Magritte, lancé tous azimuts dans le monde entier, avec un retour médiatique impressionnant jusqu’en Chine. Bruxelles en palpera, c’est sûr, les intérêts très rapidement.

Au Musée Magritte, on sait qu’un musée n’existe pas sans public. Et que ce public peut être attiré par ces intermédiaires que sont les médias, qui furent les bienvenus dans ce nouvel Empire des lumières.

Au Musée Hergé, où les journalistes d’image furent bannis, on croit que les noms de Hergé et de Tintin, et les prochains films de Spielberg-Jackson, suffiront

à attirer la foule des touristes

culturels internationaux dès

le 2 juin. C’est une posture

présomptueuse. Dommage.

Pas de résultats.