Le parquet réclame jusqu’à 10 ans de prison au procès DHKP-C
BELGA
Mardi 26 mai 2009
Au procès du DHKP-C, qui se déroule actuellement devant la cour d’appel de Bruxelles, le parquet fédéral a réclamé mardi des peines allant jusqu’à 10 ans de prison pour les six prévenus. Les peines les plus lourdes sont réservées à Musa Asoglu et Bahar Kimyongür, qui étaient, selon le parquet, les leaders d’une organisation terroriste.
« Donner de la publicité à des attaques terroristes, c’est aussi du terrorisme », a plaidé le procureur. Ensemble avec les quatre autres suspects, Asoglu et Kimyongür auraient également mis sur pied une bande et une organisation criminelle.
Le parquet fédéral poursuit seulement Musa Asoglu et Bahar Kimyongür pour faits de terrorisme car la nouvelle loi antiterrorisme n’est entrée en vigueur que le 1er janvier 2004 et ces deux prévenus sont les seuls qui auraient commis de tels faits après cette date.
Concrètement, ils avaient tous deux distribué, le 28 juin 2004, des pamphlets en marge d’une conférence de presse sur le sommet de l’OTAN en Turquie. Dans cet écrit, on évoquait un attentat manqué commis quelques jours plus tôt par le DHKP-C dans la capitale turque. Un membre du DHKP-C et plusieurs civils avaient été tués alors que la cible, des militaires turcs, avait été épargnée.
Dans ce pamphlet, le DHKP-C s’excusait pour les victimes civiles et rendait hommage à son membre décédé. Kimyongür avait également, ce même 28 juin 2004, accordé une interview à la chaîne télévisée francophone RTL, dans laquelle il parlait de l’attentat.
Selon le parquet fédéral, cela prouve que les deux hommes étaient bien à la tête de l’organisation terroriste. « Il ressort que le DHKP-C a commis des attentats durant cette période, qui satisfont aux critères de la loi contre le terrorisme et prouvent donc qu’il s’agit bien d’une organisation terroriste », a-t-il indiqué.
« Asoglu et Kimyongür déclarent eux-mêmes avoir été les porte-parole et les responsables de la communication du DHKP-C, chargés de diffuser de l’information sur le groupe et ses activités au niveau mondial. Mais donner de la publicité aux activités d’un groupe terroriste est aussi une forme de terrorisme. Cette publicité est d’ailleurs primordiale pour la survie du groupe », a-t-il ajouté.
Mardi matin, le parquet fédéral avait déjà soutenu que les six personnes interpellées dans l’appartement de Duinbergen formaient une bande et une organisation criminelle. Asoglu, en tant que personnage à la tête de la bande criminelle et de l’organisation terroriste, encourt une peine de 10 ans de prison et une amende de 5.500 euros. Pour Kimyongür, le parquet a réclamé 7 ans de prison et une amende de 5.500 euros.
Les quatre autres, Zerrin Sari, Kaya Saz, Fehriye Erdal et Sükriye Akar, sont à la fois membres de la bande et figures dirigeantes de l’organisation criminelle, selon le parquet, qui a requis à leur encontre une peine de 5 ans de prison chacun.
Bahar Kimyongür a déclaré, à l’issue du réquisitoire, qu’il n’avait jamais été membre du DHKP-C ou de l’une de ses articulations. Il prétend n’avoir travaillé que pour le bureau d’information du mouvement, en y jouant un rôle indépendant.
« Personne ne m’a jamais dicté ce que je devais faire ou dire », a indiqué le prévenu. « Lors de la conférence de presse et dans l’interview de 2004, je m’exprimais en mon nom propre, et je n’ai jamais été dans l’appartement de Duinbergen. » Les parties civiles prendront la parole mercredi. On écoutera ensuite les plaidoiries de la défense.
(belga)
