En front commun, FGTB, CSC et CGSLB lancent un avertissement : ce n’est pas aux travailleurs de payer

n.c.

Mercredi 27 mai 2009

En front commun, FGTB, CSC et CGSLB lancent un avertissement : ce n’est pas aux travailleurs de payer la crise. Les trois centrales syndicales – socialiste, chrétienne et libérale – réclament une Europe enfin sociale et annoncent leur intention de mener d’autres actions si les responsables politiques continuent d’ignorer leurs revendications.

Plus de 300.000 manifestants à travers l’Europe. Et alors ?

Carte blanche

Rudy de Leeuw Président de la FGTB Luc Cortebeeck Président de la CSC Anne Demelenne Secrétaire générale de la FGTB Claude Rolin Secrétaire général de la CSC Jan Vercamst Président de la CGSLB Bernard Noël Secrétaire général de la CGSLB

Ils étaient 50.000 manifestants à Bruxelles, 150.000 à Madrid, 100.000 à Berlin et 30.000 à Prague pour dire que ce n’est pas à eux de payer une crise dont ils ne sont pas responsables et pour réclamer une Europe sociale. Et alors ? Rien. Avons-nous reçu une réponse à cette mobilisation massive née des forces progressistes et sociales de ce pays ? Rien.

Aux chefs d’État, au monde politique, au président de la Commission européenne, nous souhaitons rappeler que le front syndical belge est plus uni que jamais pour redire que ce n’est pas aux travailleurs et aux allocataires sociaux de payer la crise, pour lancer aussi un avertissement : nous aurons une autre Europe, parce que nous n’acceptons pas la suprématie de l’économique – et de l’économie casino – sur le social. Et si nous ne sommes pas entendus, nous passerons à la vitesse supérieure. Parce que face à l’indifférence dans laquelle le monde du travail est manifestement plongé, nous comptons bien nous faire entendre et peser de tout notre poids dans les futures politiques qui seront menées.

Rappelons que depuis septembre dernier, les licenciements annoncés concernent plus de 25.000 travailleurs. Que le Conseil supérieur de l’emploi prévoit quelque 60.000 pertes d’emploi d’ici à la fin de l’année, auxquelles viendront d’ajouter 40.000 jeunes nouveaux demandeurs d’emploi. Les travailleurs ont peur. Peur pour leur emploi. Peur de ne plus pouvoir rembourser l’emprunt de leur maison, peur de ne plus pouvoir payer leurs factures ou encore les études de leurs enfants.

Mais tout le monde n’est pas logé à la même enseigne… Un revenu du travail mensuel imposable de 1.700 euros est frappé d’un taux moyen d’environ 25 %, alors que les bénéfices d’une multinationale comme Electrabel-Suez (2,3 milliards en 2006) bénéficient d’un taux de taxation implicite de moins de 25 % à la suite du recours aux intérêts notionnels et autres constructions fiscales.

Et les inégalités de revenus augmentent : 30 % des Belges détiennent 70 % de la richesse du pays. Et la fraude fiscale est estimée à 30 milliards par an.

La banqueroute du néolibéralisme provoque une terrible récession, l’augmentation du chômage, une forte augmentation du déficit budgétaire et un accroissement du taux d’endettement (qui évolue de nouveau vers les 100 % du PIB). Les résultats des efforts budgétaires imposés aux travailleurs salariés dans le passé sont aujourd’hui annihilés par les adeptes de la dérégulation.

Les travailleurs payent la crise au prix fort : sauvetage des banques, plans de relance… Pacte des générations bis ? Pour le front commun syndical, il est hors de question que les travailleurs et les allocataires sociaux passent une nouvelle fois à la caisse en subissant une politique d’austérité qui les sanctionnerait à nouveau pour les politiques capitaliste et néolibérale irresponsables qui les ont menés dans le mur.

C’est la raison pour laquelle, forts des 50.000 manifestants présents dans les rues de Bruxelles le 15 mai, nous exigeons que change le climat de la campagne électorale belge !

Les travailleurs attendent une chose essentielle du politique : qu’il s’exprime clairement dans ses réponses aux revendications du monde du travail.

Les capitalistes se cachent et n’investissent plus. Ce sont les travailleurs qui colmatent les brèches et sont, de fait, les premiers investisseurs du pays. À ce titre, ils ont le droit d’obtenir des retours (tant au niveau national qu’au niveau européen) sur les investissements qu’ils ont consentis à l’État.

Ainsi, les travailleurs réclament le maintien de services publics de qualité, des investissements massifs dans la création d’emplois durables dans des filières d’avenir, le maintien d’un pouvoir d’achat suffisant pour pouvoir faire face à la crise (cela signifie le maintien de l’indexation des salaires et de la liaison automatique des allocations sociales au bien-être) ainsi qu’une autre fiscalité. Par autre fiscalité, nous entendons une meilleure répartition des richesses. Et cette fiscalité plus juste, qui doit aller de pair avec la suppression du secret bancaire pour tous et la fin des paradis fiscaux, devra trouver une harmonisation au niveau européen.

Le front commun syndical ne laissera pas tomber les travailleurs et les allocataires sociaux.

Pas de résultats.