Reine Elisabeth : raffiné Chen Jiafeng, Ilian Gârnet solide et sérieux
MARTIN,SERGE
Jeudi 28 mai 2009
sonore réconfortante. Marque d’un authentique musicien.
Ilian Gârnet (Moldavie, 25 ans) est un musicien sérieux et solide qui sait fort bien où il va et se donne les moyens d’y arriver. En demi-finales, il avait imposé une liberté rhapsodique qu’on n’a pas toujours retrouvée dans le sérieux concentré de sa prestation de mercredi soir. C’est sans doute pour cette raison qu’il ne semble pas avoir trouvé la clé de l’imposé où il joue la carte de la sécurité, balise le parcours, assumant les défis mais se refusant les études de timbres que d’autres concurrents ont pu y trouver. Pour un résultat assez terne et peu impliqué. En dépit de légers problèmes d’intonation, sa prestation avait pourtant bien commencé avec la 3e sonate de Brahms. Il revêt le premier mouvement de couleurs automnales et le construit selon de belles gradations donnant à la partition tout son poids. Beaucoup de retenue et de concentration dans le lyrisme intime de l’Adagio, un côté félin dans les déhanchements du scherzo, une énergie déterminée qui mêle tout au long du finale zones d’ombres et impulsions franches : ce Brahms-ci est un mélange de ferveur et d’énergie sans excès. Son ler concerto de Chostakovitch est plus retenu que celui de Choi lundi. Il laisse insensiblement monter la tension dans le Nocturne qui baigne dans un climat de noire détresse. Fermement cadencé, le scherzo prend des allures rhapsodiques. Le lyrisme se
fait encore plus désespéré dans la Passacaille. Un climat de désolation solitaire ouvre la grande cadence, ensuite conduite vers un Burlesque devenant ronde obsessionnelle. L’ensemble ne manquant pas de cohérence.
