La pollution, une question de fond

DE MUELENAERE,MICHEL

Jeudi 4 juin 2009

Plus elles sont fines, plus elles sont volatiles et plus elles sont dangereuses. Les particules fines émises par les processus de combustion (notamment dans les moteurs des voitures) attirent l’attention du monde scientifique. Mais alors que celui-ci a largement démontré leur impact négatif sur la mortalité humaine, les autorités politiques rechignent à prendre le mal à la racine.

Densité de population, importance et « diéselisation » du parc automobile, concentration des industries, la Belgique est particulièrement vulnérable à la pollution due aux particules fines. Ces particules issues des processus de combustion (un tiers provenant des moteurs de voitures) provoquent chaque année environ 12.000 décès supplémentaires. Des mesures sont prévues en cas de pics de pollution (limitations de vitesse, circulation alternée à Bruxelles…), mais pour beaucoup d’experts, là n’est pas le plus important. L’essentiel est de lutter contre la pollution de fond par des mesures structurelles, insiste Benoît Nemery, toxicologue à la KUL. Par ailleurs, explique-t-il, les normes actuelles sont trop généreuses. Elles le sont bien moins au niveau de l’OMS, aux Etats-Unis et en Californie. Une directive européenne autorise au maximum 35 jours au-dessus d’un seuil de 50 microgrammes (µg) de particules fines par m3 d’air. Début juin, le « quota » annuel a déjà été explosé à Haren, Liège, Marchienne-au-pont, Vilvorde et Neder-over-Hembeek. Les stations de Châtelineau, Molenbeek, Berchem-Ste-Agathe et Jemeppes-sur-Meuse sont sur le point de crever le plafond. « En matière de pollution atmosphérique, nous avons une guerre de retard par rapport à la sécurité alimentaire !, s’exclame Nemery Tout le monde trouve normal de pouvoir acheter des œufs sans dioxine ou de

l’eau non polluée. Pourquoi n’a-t-on pas encore le droit d’avoir de l’air pur sans avoir à choisir où habiter ? »

Une étude dont les résultats préliminaires doivent encore être confirmés, indique que les personnes âgées exposées à la pollution présentent davantage de problèmes de coagulation et de tension artérielle. Quant à la mortalité des bébés de 2 à 4 semaines, elle serait accrue de 11 %

Pas de résultats.