Dragone s’attaque à Macao

STAGIAIRE

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Jeudi 4 juin 2009

Spectacle / « City of Dreams », un show permanent pour la capitale chinoise du jeu

Franco Dragone voulait conquérir Las Vegas. Il l’a fait. Cap à l’est, direction Macao. Autrefois paradis des tripots enfumés et des femmes languissantes, comme le chantait Brel, l’entité chinoise se rachète progressivement une réputation et se profile en Vegas asiatique. Les complexes de jeu et de divertissement y champignonnent et l’un d’eux, le City of Dreams, a commandé un spectacle aquatique permanent à Franco Dragone.

Ce spectacle se déroulera dans une arène navale pharaonique de 50 m de diamètre. La mission des acrobates et des plongeurs est claire : repousser les limites du spectacle et du grandiose à un niveau jamais atteint. Ce mardi, à Lint, le Dragone Entertainment Group a levé le voile sur les répétitions du spectacle, qui se déroulent dans un gigantesque studio.

Au bord d’une piscine spécialement creusée pour les besoins du show, une vingtaine d’artistes s’essaient à la balançoire russe et au plongeon synchronisé. « Ce sont surtout des gymnastes et des acrobates. Comme nous jouons dans l’eau, ils peuvent essayer des figures qu’ils n’auraient jamais osé tenter s’ils retombaient sur la terre ferme », explique Michael Jackson, responsable des opérations aquatiques.

Dans une salle annexe, six Ethiopiennes se contorsionnent au point de vous donner mal aux muscles alors que des Tanzaniens spécialistes des pyramides humaines sortent des vestiaires. Ils ont dû apprendre à nager pour pouvoir participer à cette machine scénique aux accents cosmopolites : 18 nationalités sont représentées sur une palette artistique allant de la clownerie au plongeon de haut vol. « Certains viennent de domaines mécaniques. Nous, les danseurs, sommes dans des activités plus créatives. Le grand défi est de trouver un équilibre entre les disciplines », explique Myléna Leclercq, une Nivelloise de 25 ans.

Personne ne connaît encore précisément la trame narrative du spectacle. « Franco travaille plus avec des thèmes, des archétypes émotionnels. Il faut que ça reste basé sur du fondamental, les figures du héros, du bien et du mal. Nous ne disposons pas de la parole et le public chinois tend à aimer le concret », estime Matthew Jessner, directeur artistique. Dès janvier 2010, il ne restera donc plus à Dragone qu’à lier les différentes performances techniques pour que son spectacle soit plus qu’un tour de force surhumain.

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