Méline, condamnée à être heureuse

CAUWE,LUCIE

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Vendredi 12 juin 2009

Le plus drôle du nouveau roman de Barbara Abel, Le bonheur sur ordonnance, ce sont les pages où elle décrit les crises de son héroïne. Méline est en effet atteinte d’une maladie orpheline qui a comme conséquence qu’au moindre stress, à la moindre contrariété, elle ne se maîtrise plus et profère en les hurlant un tas d’insanités aux personnes en face d’elle. Que celles-ci soient ses enfants qu’elle adore, son mari qu’elle aime depuis seize ans, ses parents dont elle est le soleil depuis sa naissance, ses amies de toujours, ses collègues de travail, son boss, le policier qui la verbalise ou le détesté prof de collège de sa fille…

Cela peut donner ; « Dis donc, poulet de mon cul ! Ta mère ne t’a jamais appris la politesse ? Regarde-moi, quand je te parle ! » Ou : « On dit “bonjour” quand je rentre après une journée de boulot. J’estime avoir le droit d’être accueillie comme il se doit, avec politesse et courtoisie, et non par trois illuminés qui braillent et vocifèrent après un chat perdu ! Pour qui vous prenez-vous, bordel de merde ? Ce n’est pas la SPA ici, que je sache ! Qu’est-ce qu’on en a à foutre de ce chat ? Il est parti ? Eh bien tant mieux ! Se faire tripoter toute la journée par un morveux geignard et se faire coiffer et habiller par une midinette hystérique (…) » – et la tirade ne s’achève pas là !

Le seul remède à cette maladie mortelle proposé à Méline par la médecine, c’est d’être heureuse ! La voilà obligée de faire le point sur son existence et de trouver des chemins de bonheur. Pour elle, ce sera rigologie et sexologie, rires et orgasmes autrement dit.

Sous le biais d’une comédie romantique traitée sur le mode feuilleton, Barbara Abel aborde, l’air de rien, la question du bonheur au quotidien. Un sujet qui n’est absolument pas réservé à son héroïne.

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