Un roi chez les empereurs du web

RIZZA,ETTORE

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Mercredi 17 juin 2009

Mons Visite d’Albert II chez Google et Microsoft

Un car bondé de journalistes, de photographes, de cadreurs, de preneurs de son, le tout filant de bon matin du parking d’Imagix au zoning de Ghlin-Baudour, sous l’escorte de trois motards et d’une voiture de police. Pas de doute, la visite royale de ce mardi chez les deux phares de la Digital Innovation Valley monto-boraine (Google et Microsoft) a mis la presse dans tous ses états. Pour pas grand-chose finalement.

Visiter le chantier du futur Google Data Center de Saint-Ghislain, première étape de la visite souveraine ? Faut pas rêver. « Mais vous pouvez utiliser les images qui se trouvent sur Youtube », répond-on sans rire à une journaliste de Télé MB. Les consignes de sécurité sont sans doute moins strictes au Pentagone. « On n’a pas encore communiqué jusqu’ici, ce sera l’occasion », assurait pourtant un responsable des relations publiques. Résultat : une séance de diapositives commentée en anglais. Les pontes du géant d’internet ont bien rappelé ce qu’était un data center (des milliers d’ordis stockant des milliasses d’infos) ou en quoi celui de Saint-Ghislain allait utiliser deux fois moins d’énergie qu’un autre. Combien de serveurs, quelles capacités de stockage, pour traiter quelles données, combien d’autres centres de ce type ? Secret défense.

On précise juste que les données ne sont pas conservées « en fonction de l’endroit où les gens résident ». C’est pour raisons de sécurité et de « taux occupation » des data centers éparpillé dans le monde entier. Bref, vos recherches, vos discussions sur Gmail ou vos photos Picasa ne transiteront pas nécessairement par un disque dur de Saint-Ghislain. On rappelle aussi que ce data center, qui coûtera sans doute plus que les 250 millions prévus, sera opérationnel au premier semestre 2010 et devrait créer de 100 à 200 emplois, en plus des 300 occupés à construire les bâtiments. Intéressés ? Faites un tour sur www.google.be/jobs.

À son arrivée, flanqué du bourgmestre Elio Di Rupo (PS) et du ministre sortant Jean-Claude Marcourt (PS), le roi a eu droit au même discours. Mais lui s’est vu remettre un tableau rouge griffonné de signes cabalistiques : un morceau de l’algorithme originel de Google, celui qui, en une dizaine d’années, a transformé deux étudiants californiens en empereurs du web.

Séance photos cadenassée et retour à Mons pour la visite du Microsoft Innovation Center (MIC). Inauguré début mars, ce partenariat public-privé entre la Région wallonne et la firme de Redmond occupe un bâtiment de 2.000 m2 au sein du parc Initialis. Objectif : aider de jeunes entreprises innovantes à se lancer. Pour l’heure, ce premier MIC de Belgique, spécialisé en technologie médicale, occupe à peine cinq employés. Mais dès septembre s’ouvrira sur l’un des quatre plateaux un nouveau centre de formation de Technocité (le 3e), puis, en janvier, la pépinière d’entreprises. Un incubateur qui pourrait héberger une quinzaine de start-up et créer 250 emplois en trois ans, assure-t-on chez Microsoft. Vingt-cinq sociétés auraient déjà frappé à la porte.

Un exemple de technologie impayable fournie aux jeunes entreprises ? Voyez cette Microsoft Surface. Elle coûte 10.000 euros. Sous ses allures de table de salon vitrée, il s’agit en réalité d’un ordinateur à écran tactile. Les médecins peuvent s’en servir pour travailler en partenariat sur un modèle de cœur en 3D. Ou y jouer aux échecs. « C’est stupéfiant », a lancé sa majesté, avant de déplacer une pièce du bout de l’index.

Laquelle, hélas, n’était pas le roi.

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