Les fouilles du Tivoli reportées à l’automne

MOREL,PIERRE

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Jeudi 18 juin 2009

Liège Elles étaient annoncées au printemps : raté

Les fouilles archéologiques préalables à un aménagement de l’espace Tivoli, entre la Place Saint-Lambert et la Place du Marché, ne commenceront pas avant l’automne. C’est le cabinet du ministre wallon du Patrimoine Jean-Claude Marcourt (PS) qui nous le confirme, après avoir pourtant annoncé en janvier dernier l’imminence de ces travaux. « Pour une fois, on ne va pas mettre la charrue avant les bœufs », annonçait alors fièrement le ministre (Le Soir du 20 janvier) : « L’aménagement du Tivoli est inscrit dans le projet de Ville de Liège, mais aucune construction ne devrait être entreprise avant trois ans, poursuivait-il. Il s’agit donc de profiter de ce délai pour réaliser trois campagnes de fouilles, programmées chaque année du printemps à l’automne en sections successives, pour ne pas perturber la vie locale. »

Pour 2009, c’est raté : « Suite à la mise en place d’un comité d’accompagnement composé d’experts, il a été jugé opportun de postposer le début des fouilles après la période estivale étant donné que de nombreux événements s’y déroulent pendant l’été », expliquait ce mercredi le cabinet du ministre.

Le village de Noël dicte le calendrier

L’explication paraît légère : si on attend un espace Tivoli sans manifestations, on ne fouillera jamais ! Il est vrai que la Ville et le ministre (qui soutenait financièrement) souhaitaient la tenue de la Nuit blanche contre listes noires sur l’espace, le 5 juin dernier. Pour le reste, Marc Minet, chef de cabinet du bourgmestre de Liège et présent au comité d’accompagnement précité, signale que Liège n’a jamais demandé qu’une chose : « Que les fouilles soient interrompues et les trous rebouchés pour début décembre, afin que puisse s’y tenir notre traditionnel marché de Noël ».

« Mais par ailleurs, nous avons intérêt à ce que ça commence le plus vite possible, poursuit-il. Nous avions d’ailleurs soumis à réserve toutes les autorisations de manifestations à cet endroit, en fonction des fouilles. Nous, notre objectif est de déterminer ce qu’on pourra faire, à terme, de cet espace. »

En fait, l’explication de ce report des fouilles est peut-être à aller chercher ailleurs : au sein du comité d’accompagnement, le débat sur la pertinence du programme de fouilles a été plutôt houleux entre les représentants de la Région et les experts universitaires.

Ainsi, le Pr Marcel Otte, de l’ULg, ne cache pas son scepticisme : « Il n’y a aucun argument scientifique pour effectuer une fouille de sauvetage sur l’espace Tivoli, affirme-t-il. La majeure partie de cet emplacement, la crypte orientale de l’ancienne cathédrale, a déjà été fouillée par nos soins il y a des années : on sait ce qu’on va y trouver. Une petite partie n’a jamais été fouillée, c’est l’ancienne place du Pilori, mais à cet endroit, il est hors de question de fouiller à la va-vite : il faut un vrai programme scientifique. Je pense que le discours de la Région, “Fouillons avant d’envisager un bâtiment” est une inversion des valeurs. Il faut, au contraire, réfléchir d’abord à un bâtiment qui mettra correctement en valeur et respectera les vestiges déjà connus. »

Et pour l’archéologue, ouvrir les fouilles en septembre ou octobre pour refermer en décembre pour le village de Noël est une ineptie : « Deux mois, c’est à peine le temps de préparer le chantier ! » Rendez-vous au printemps 2010, du coup ?

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