le voile au parlement n’est pas le voile au guichet
GUTIERREZ,RICARDO
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Mardi 23 juin 2009
A l’inverse, au ministère de la Justice, une note interne suggère de généraliser pour l’ensemble du personnel administratif le principe de « l’acceptation des signes ostentatoires »… En clair, les 24.000 agents de l’administration de la Justice – à l’exception de ceux qui portent un uniforme et pour autant que cela ne pose « aucun problème entre collègues et avec les usagers » – seraient autorisés à arborer voile, kippa, turban, crucifix ou flambeau laïque.
Sage ? La voie de la sagesse est dans les textes… Rien, dans nos principes constitutionnels, nos lois et nos règlements, ne s’oppose au port d’un voile, d’une kippa, d’un turban, d’un crucifix ou d’un flambeau laïque par un élu du peuple, au sein d’une assemblée. Le conseiller communal ou provincial, le député ou le sénateur ne sont en aucune manière tenus par un devoir de neutralité. Le fait qu’ils affichent leurs convictions relève même d’une saine cohérence, d’une salutaire transparence.
Nous l’avons écrit. Nous persistons : l’accession d’une femme voilée au rang de député ressortit à la stricte application des règles de droit, dans notre démocratie représentative.
Mais à la différence de l’élu, le fonctionnaire, lui, est soumis au principe légal de neutralité : « Lorsqu’il est dans le cadre de ses fonctions, en contact avec le public, l’agent de l’Etat évite toute parole, toute attitude, toute présentation qui pourraient être de nature à ébranler la confiance du public en sa totale neutralité, en sa compétence ou en sa dignité ».
Certes, la neutralité d’un agent du service public se mesure davantage aux actes qu’il pose qu’à son apparence. Mais à la lecture de ce texte – et l’arrêté royal en question remonte à peine au 14 juin 2007 –, la question du port de signes religieux ou philosophiques au guichet d’un service public mérite, elle, d’être posée, débattue et tranchée. Par les élus. Voilés ou pas.
