La quatrième écluse de Lanaye, en 2015 ?

MOREL,PIERRE

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Mardi 23 juin 2009

Economie Plus de deux ans après le lancement de l’étude d’incidences, la Région a enfin déposé sa demande de permis

On n’ose plus tirer de plans sur la comète, le projet de construction d’une quatrième écluse à Lanaye ayant été annoncée en… 2005 avant d’accumuler les retards à cause de la complexité technique et administrative du dossier. Mais un pas important a été récemment franchi, avec le dépôt par le Département des Voies hydrauliques du Service public de Wallonie (SPW) d’une demande de permis en bonne et due forme (à la mi-mai) et le lancement de l’enquête publique, qui sera clôturée le 10 juillet (1).

Cette quatrième écluse doit servir à désengorger le goulot d’étranglement qu’est Lanaye, à la frontière hollandaise : un « Y » fluvial où les bateaux venus de l’amont sur le Canal Albert peuvent continuer vers la gauche sur le canal vers Anvers ou prendre à droite pour rejoindre la Meuse puis, via le canal Juliana, Rotterdam et le Rhin.

Un projet de 90 millions

Mais pour ce faire, il faut rattraper les 14 mètres de dénivelé entre le canal et la Meuse en empruntant les écluses. Les deux premières ne permettent plus que le passage de bateaux de plaisance et la troisième, construite en 1963, ne suffit plus : elle est trop petite, ne permettant pas le passage des plus gros convois, et les temps d’attente y sont trop longs.

Voilà pour la justification économique de la construction d’une gigantesque quatrième écluse : 225 mètres de long sur 25 de large. Un dossier de près de 90 millions d’euros, soutenu (à 25 %) par des fonds européens Feder, et cofinancé par l’État hollandais, sur le territoire duquel le projet empiète. La Société de Financement complémentaire des Infrastructures (Sofico) est chargée du montage financier. L’étude d’incidences sur l’environnement (EIE) préalable au dépôt de permis avait été lancée en… mars 2007. Elle a duré un an et demi !

Il faut dire que la demande de permis déposée par le SPW est en fait double : il demande un permis pour l’écluse mais aussi un permis pour la construction à Lixhe, 4 kilomètres en amont, d’une nouvelle zone portuaire bâtie en remblais avec une grande partie du million de m3 de terres excavées à Lanaye.

Le projet s’accompagne par ailleurs de toute une série de compensations écologiques, étudiées et proposées par le Groupe Interuniversitaire de recherche en écologie appliquée (Girea). Il faut dire que la 4e écluse va venir amputer la « Vieille Meuse », un ancien bras du fleuve devenu une frayère et zone riche en biodiversité, d’un bon quart de sa surface. Une ancienne gravière servant de frayère sera ainsi agrandie et le mur bétonné de l’écluse sera flanqué d’une zone de hauts-fonds. Suite aux recommandations de l’EIE, le SPW a aussi accepté de remplacer le mur de béton qui borde la Meuse à Lanaye par une vraie berge verte, comme à Eijsden en face.

Autres recommandations suivies (entre autres) : on a réduit le nombre de parkings de trois à un, on favorisera le transport des terres par barge, et on va rénover les deux maisons éclusières. Par contre, la remise en état des deux premières écluses attendra de « nouveaux moyens humains et financiers ».

Outre les divers services gouvernementaux wallons, flamands et hollandais concernés, les communes de Visé, Oupeye, Bassenge, Riemst, Maastricht et Eijsden vont devoir remettre un avis sur le projet, et c’est le fonctionnaire-délégué de la Région wallonne qui est compétent pour délivrer le permis. Au SPW, on l’espère d’ici à la fin de l’année, pour entamer la construction en 2010. Elle durerait 4 à 5 ans. Le temps presse, désormais : les fonds européens doivent être engagés avant 2013.

(1) On peut consulter les dossiers et l’étude d’incidences au Service Environnement de la commune de Visé, rue de Mons 11 (04/ 374.84.94). Les observations et réclamations doivent être adressées au Collège communal, rue des Récollets 1 à 4600 Visé.

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