Marre des pirates ? Empêchez la somalie de couler
LALLEMAND,ALAIN
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Lundi 29 juin 2009
Espérons que cette joie restera dans toutes les mémoires lorsque, fin août, la frégate Louise-Marie prendra la direction de l’océan Indien pour participer à l’opération « Atalante » : nous vivons dans un monde global qui suppose la solidarité, il est bien normal que les coups de pouce reçus ces dernières semaines soient payés en retour.
Bien, bien… Mais que comptons-nous faire de la Somalie ? En décembre 2006, lorsque le Belge Louis Michel a osé rencontrer les tribunaux islamiques à Mogadiscio, d’aucuns ont pu penser qu’il explorait des terres décidément exotiques et peu rentables, tant au niveau économique que médiatique. Ou électoral. Pourtant, l’homme se rendait là où l’Afrique avait mal : l’étoupe à la main, il tentait de calfater un continent qui prenait l’eau, là où d’autres intervenants ne pensent à saisir l’étoupe que pour s’en servir de mèche à fusil.
Trente mois – et une guerre – ont passé, la voie d’eau s’est élargie et l’ensemble des pays d’Afrique de l’Est (à l’exception notoire et criminelle de l’Erythrée) actionnent désormais le signal d’alarme : la Corne de l’Afrique va couler, au risque d’entraîner dans sa dépression une demi-douzaine d’Etats africains mal bâtis pour ce genre de tempête.
Pendant ce temps, la Belgique protège ses navires, les assureurs paient les rançons ; l’Europe sécurise les voies maritimes mais hisse sur le sol somalien le pavillon de quarantaine : on observe le désastre, à distance. L’esprit de Dieu plane sur les eaux (Genèse 1,2), surtout pas à terre. Pilate se lave les mains (Matthieu 28, 23) et la messe est dite. Inutile de compter sur un quelconque grand frère pour faire le travail à notre place : l’Ethiopie n’interviendra plus. Les Etats-Unis achèvent d’envenimer la situation en armant le gouvernement transitoire, sans comprendre que les radicaux islamistes n’attendent que cela pour tourner Black Hawk II. L’Europe et la Belgique doivent bouger : la Somalie, c’est à côté, c’est sur notre seuil. Les Somaliens montent dans nos bateaux parce que leur continent coule. Aidons-les.
