La main tendue de Kinshasa
BRAECKMAN,COLETTE; BELGA
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Lundi 29 juin 2009
Congo L’ambassadeur Henri Mova a débarqué à Bruxelles
En 1997 déjà, cet intellectuel katangais, écrivain et poète, avait quitté son poste universitaire pour s’engager aux côtés de Laurent Désiré Kabila alors que les troupes de l’AFDL (Alliance des forces pour la libération du Congo) n’avaient pas encore atteint Kinshasa et contraint Mobutu à la fuite. Malgré son jeune âge – il est né en 1962 à Lubumbashi –, il est un vétéran du « kabilisme », car il fut ministre des Transports et des Communications, ambassadeur à Moscou, ministre des Affaires foncières et, durant la période de transition qui précéda les élections, il fut porte-parole du gouvernement puis ministre de l’Information.
À Bruxelles, il succède à un autre proche du chef de l’Etat, Jean-Pierre Mutamba Tshampanga. Ce dernier, malgré ses efforts, n’avait pas réussi à désamorcer la crise diplomatique entre les deux pays et il finit par être rappelé au Congo en mai 2008. À l’instar de son prédécesseur, qui avait tout fait pour encourager la Belgique à s’investir davantage au Congo, à demeurer un « pays leader » tant en matière politique qu’économique, M. Mova s’emploiera non seulement à normaliser les relations entre les deux pays mais aussi à convaincre les Belges de continuer à s’impliquer dans leur ancienne colonie.
À Bruxelles, qui apparaît quelquefois comme la « banlieue de Kinshasa » avec sa communauté congolaise remuante et nombreuse et les innombrables Belges ayant gardé des liens avec le Congo, le nouvel ambassadeur s’attaquera à plusieurs tâches. Bref tour d’horizon.
Intellectuel, ayant publié plusieurs livres aux éditions L’Harmattan, l’ambassadeur est également bien placé pour connaître les difficultés que rencontrent les artistes, les écrivains congolais qui souhaitent se faire connaître en Europe. Bruxelles étant à cet égard la plate-forme idéale, il compte y ouvrir une « Maison de la Culture congolaise », sorte de vitrine de la culture foisonnante et variée de son pays.
ÉPINGLÉ
Le ministre congolais de la Culture et des Arts, Esdras Kambale Bahekwa, a implicitement invité vendredi soir le roi Albert II à se rendre en RDC l’an prochain, à l’occasion du 50e anniversaire de l’indépendance de l’ancienne colonie belge, le 30 juin 2010. « Nous espérons que culturellement nous aurons à nos côtés beaucoup d’autorités belges et pourquoi pas le roi des Belges lui-même ? », a-t-il affirmé au cours d’une émission en direct depuis le Centre Wallonie-Bruxelles à Kinshasa. « Ce serait une très bonne chose », a-t-il ajouté.
Une visite du souverain belge avait déjà été fréquemment évoquée au printemps 2007, lors des derniers mois du gouvernement Verhofstadt II, en réponse à une invitation adressée par le président Joseph Kabila. Elle ne s’est toutefois jamais concrétisée faute de consensus au sein de l’équipe gouvernementale. (b)
