Le Gazon part en vacances

VERSTRAETEN,GUY

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Jeudi 2 juillet 2009

Animations Un concept en jachère ?

En prenant un peu de hauteur, façon Yann Arthus-Bertrand, on devrait pourvoir lire un immense « A suivre (ou pas) » gribouillé sur l’herbe du parc de Bruxelles. Cet été, le Gazon s’en va réfléchir à la vie. Emmenant avec lui un classique des samedis soirs d’été, sauterie démocratique en lieux publics, cocktail électro servi de conserve au « boboïsme » bruxellois et à son alter ego underground. Des soirées nomades et fédératrices (entre 3 et 5.000 personnes les soirs de chaleur) ayant, depuis leur lancement ultra-confidentiel au tournant du siècle, planté tentes, bars et baffles du Cinquantenaire à l’Atomium, en passant par la Cité administrative, le Mont des Arts ou bien sûr le parc de Bruxelles.

« C’est une pause positive, qui devrait permettre à l’événement de reprendre son souffle », explique l’énigmatique Nicolas Forton, coorganisateur de ces soirées et figure marquante de la nuit bruxelloise. Le Gazon a largement joué les précurseurs pour un tas d’événements organisés en plein air, Apéros urbains ou Pic-Nic électroniques en tête, voire Bruxelles-les-Bains. Tout en restant le plus intègre possible, malgré le succès. « Le Gazon a voulu apporter quelque chose de nouveau à la ville. Après huit années, nous pensons que ça ne peut être que positif autant pour l’événement que pour le public de changer d’air. De notre côté, nous verrons ce que nous aura apporté cette pause, pour réfléchir à l’avenir de l’événement. » Ce nouveau contre-pied ne se veut pas revendicateur, d’après Nicolas Forton.

Reste que le manque de reconnaissance politique n’aura pas aidé à doper l’enthousiasme de l’équipe organisatrice : « A part recevoir les autorisations, nous n’avons jamais vraiment été soutenus. La question que l’on peut se poser, dès lors, est de savoir si le Gazon n’apporte rien à la culture bruxelloise, aux yeux de la Ville. Visiblement, le Gazon n’a jamais eu l’air de rentrer dans la politique culturelle des autorités locales. Si cela semble normal à tout le monde, alors leur ligne est cohérente. Nous ne revendiquons rien, nous nous posons juste la question. » Nicolas Forton insiste : si cette indifférence politique était la cause principale de cet arrêt, le parc de Bruxelles aurait été libéré de ses beats nocturnes depuis plusieurs années. « L’objectif, c’est vraiment de s’ouvrir au changement. Si l’on réalise que le Gazon n’a plus lieu d’être, il partira sans ticket de retour. » Vert, mystère.

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