Les nuitées en recul de 22 % au mois de juin
ROBERT,FRANCOIS
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Mardi 7 juillet 2009
Economie L’hôtellerie bruxelloise est en pleine crise
L’hôtellerie bruxelloise est très sensible à la crise mondiale. Pour deux raisons. D’abord parce que les nuitées sont à 75 % le fait d’hommes d’affaires et de congressistes. Vu le marasme économique, les hommes d’affaires se déplacent beaucoup moins. Ensuite parce que l’industrie des congrès, même si elle est encore très présente à Bruxelles, souffre de la fermeture du Palais des congrès. A l’automne, avec l’ouverture de Square, le marché pourrait reprendre. Mais pour l’instant, on touche le fond. Quant au tourisme traditionnel (minitrips notamment), il fait plutôt bonne mine et reste stable.
Rappelons que 2007 avait été exceptionnelle à bien des égards : Bruxelles avait comptabilisé 5 millions de nuitées. La chute brutale de la fréquentation hôtelière (près de 20 % en moyenne depuis le début de l’année) réduira le volume d’un million de nuitées. Et nous sommes moins à plaindre qu’Amsterdam où l’on enregistre depuis le début de l’année une baisse de 35 %.
Patrick Bontinck, de la « Brussels Hotel Association » (BHA) commente : « Le secteur souffre. Comparativement à d’autres grandes villes, nous limitons la casse. Les administrations telles que l’Otan ou l’Europe ne connaissent pas la crise, compensant la chute brutale du nombre d’hommes d’affaires. »
Bruxelles ne compte-t-elle pas trop d’hôtels ? Voici une quinzaine d’années, la Région avait déjà imposé un moratoire interdisant de nouveaux établissements de plus de 50 chambres. « Je ne pense pas que Bruxelles connaisse une surcapacité, poursuit Patrick Bontinck. Le taux de remplissage était de 70 % l’année passée. Actuellement, il tourne autour de 60 %. Il est clair que c’est une situation limite et que certains hôtels vont connaître de graves difficultés si cela continue. Il y a heureusement peu de nouveaux établissements qui vont arriver sur le marché cette année. Ce qu’il faut faire ? Revenir au niveau de 2008, créer des infrastructures, adopter une politique volontariste touristique. Et en fonction de cela, créer de nouveaux hôtels afin que l’offre suive la demande. Mais pas l’inverse. »
Des hôtels qui ont mis la clef sous le paillasson, comme le Siru (place Rogier), première victime emblématique. Par ailleurs, en 2010, le quartier du Midi va développer son offre et l’Urbanisme de Bruxelles doit traiter dans les semaines qui viennent plusieurs demandes d’hôtels neufs. Mais pour l’heure, il faut sauver l’emploi. Le secteur est un grand pourvoyeur, employant directement 35.000 personnes souvent sous-qualifiées.
