La forêt qui valait 2 milliards

BURGRAFF,ERIC

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Mardi 7 juillet 2009

Gembloux Un doctorat des Facultés s’intéresse aux loisirs en forêt

ENTRETIEN

Plus de 4.000 promeneurs interrogés avec la complicité de la DNF, un millier de personnes sollicitées par téléphone, près de cinq années de recherches… La Faculté de Gembloux vient de produire le plus gros travail jamais réalisé sur la fonction récréative des massifs forestiers wallons. Cette thèse de doctorat réalisée par Vincent Colson consacre l’évolution récente des mentalités : « La forêt n’est plus seulement productrice de bois pour l’industrie, elle est plus que jamais multifonctionnelle », argumente Jacques Rondeux, professeur et patron de l’unité de gestion des ressources forestières à Gembloux. Son doctorant, Vincent Colson, est bien sûr sur la même longueur d’onde. Il commente 277 pages d’analyses et de recommandations…

Pourquoi une si longue étude sur les loisirs au vert ?

La forêt n’est plus seulement productrice de biens, elle produit aussi des services. L’enseignement et la recherche s’adaptent à ces nouvelles fonctions. De nombreuses études ont déjà été produites sur la question mais ici, nous allons plus loin, nous analysons la fonction récréative, désormais incontournable, dans le cadre de politiques forestières et touristiques intégrées.

Quels éléments retenir pour le grand public ?

Précisément, que le grand public fréquente énormément la forêt wallonne. Près d’une personne sur deux se promène en forêt avec néanmoins une intensité très variable (NDLR : infographie ci-contre). On constate aussi que les forêts périurbaines sont majoritairement fréquentées par les locaux (comme à Arlon ou à Colfontaine) tandis que dans les régions touristiques, c’est le vacancier qui est le premier utilisateur. On sait désormais que notre forêt reçoit chaque année 113 millions de visiteurs.

L’originalité de l’étude, c’est aussi de donner une valeur à ces loisirs verts…

Sur base de différentes méthodes de calcul on peut estimer à deux milliards d’euros la valeur récréative attribuée par la société à la forêt wallonne !

Que faire de ce travail ?

Mon souhait est qu’il serve notamment à orienter les investissements en politique touristique. Les choix dans ce secteur n’ont de sens que s’ils sont nuancés en fonction du cadre géographique ainsi que de l’offre et de la demande du territoire concerné. Cet outil – un diagnostic scientifique d’une fonction précise – évitera par exemple la prise de décisions arbitraires.

113

Les chiffres clefs

Un modèle a été élaboré afin d’estimer le nombre annuel de visites en forêt wallonne. Si on additionne les visites des riverains et ceux des touristes, on estime que ce sont 113 millions de personnes qui foulent le sol forestier chaque année.

45

Près de la moitié des personnes interrogées (exactement 45 %) affirment aller se promener en forêt wallonne, soit de temps à autre, soit beaucoup plus souvent. Dans les communes forestières, ce sont même 3 personnes sur 4 qui profitent de ces loisirs.

2

67

On ne le sait pas toujours mais 67 pour cent de la population wallonne habite à moins de 700 mètres à vol d’oiseau d’un massif forestier. Il est vrai aussi qu’un tiers du territoire wallon est couvert de forêts.

Pas de résultats.