UN ACCORD COMME UN PETIT MIRACLE MAIS À DURÉE DE VIE LIMITÉE

VANDEMEULEBROUCKE,MARTINE

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Lundi 20 juillet 2009

Tout cela pour ça ? Des nuits de négociations, des centaines de sans-papiers qui ont mis leur vie en danger, des manifestations tous les mois ou presque pour finalement aboutir à ce qui avait été décidé il y a presque un an et demi ! Ou presque puisqu’on n’a pas de « circulaire » mais bien des « instructions ». Nous sommes là dans la part la plus surréaliste et la plus décourageante de la politique belge, là où les victoires et les défaites s’apprécient sur des mots.

Les mots. Ce sont eux qui ont nourri pendant des mois la polémique entre les partis de la majorité. Et puis ce samedi, le silence radio des négociateurs. Plus un seul commentaire. C’est le patron, Herman Van Rompuy, qui communique en priorité. On change de style, de méthode et c’est efficace. Tout se passe comme si au sein du gouvernement, on s’était ébroué. Comme si le remaniement était une chance à saisir pour mettre fin aux ukases. Et c’est réussi. Ou presque.

Réussi parce qu’il y a un accord équilibré et en soi, c’est un vrai miracle pour tous ceux qui attendent depuis des années qu’on tranche sur leur sort.

Presque parce que l’accord a le défaut inhérent à toute la politique d’immigration dans ce pays. On fait un texte qui n’a pas de valeur réglementaire. Les centres fermés ? Ils sont régis par un arrêté royal. La sortie des enfants des centres fermés ? Une simple décision ministérielle. La régularisation ? Une « instruction », donc. Comme si tout en matière d’asile devait avoir un caractère évanescent, susceptible de disparaître du jour au lendemain selon les aléas de la vie politique. C’est sans doute cette même peur de s’engager durablement et d’assumer ses décisions qui explique que l’accord engrangé ce week-end règle surtout le plus urgent, l’avenir à court terme des dizaines de milliers de sans-papiers. Mais demain ? Quelle politique de régularisation dans le futur ? En 2000, on avait instauré dans une loi des critères de régularisation. On a enterré la loi et la sécurité juridique qu’elle apportait. Cinq ans plus tard, les sans-papiers se sont rappelés au souvenir des politiques en occupant des églises. C’est le risque de cet accord. La misère qui alimente les flux migratoires est plus durable que tous les gouvernements.

Pas de résultats.