Régis a réinventé l’épicerie de village
BURGRAFF,ERIC
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Samedi 25 juillet 2009
Anlier Le bio accessible
L’homme, originaire du sud de la France et formé dans de bonnes écoles hôtelières, a roulé sa bosse dans les grands hôtels avant de trouver à Anlier son petit coin de paradis.
Une fermette de 1825, le besoin de s’inventer une nouvelle vie. Il crée d’abord L’école du vin ou comment mettre ses capacités de pédagogue au service de ceux qui veulent devenir disciples de Bacchus. Il se fera accompagner dans sa démarche par la couveuse d’entreprises Créa-job. Une base bien utile quand il décide de mettre en œuvre la seconde partie de son projet : un magasin d’alimentation bio accessible à tous.
Idée reçue cinq sur cinq dans un village qui a vu fermer le dernier comptoir d’alimentation voici déjà quelques décennies. Voisins, élèves et amis vont d’ailleurs aider Régis Risso à « investir » : tous les rayonnages sont de la récup. Un ancien chemisier alsacien pour la collection de pâtes, un garde-manger de ferme pour le pain, des cageots de brasserie pour le vin, une armoire de disquaire pour les conserves… « La récup, c’est notre façon à nous de créer un magasin durable », assure régis Risso.
Le concept, lui, il le résume en trois mots : « bio-terroir-équitable ». Ainsi, les légumes bio viennent de Gaume. Les bananes, bio aussi, son évidemment produites dans une de ces coopératives lointaines qui assurent une juste rétribution au producteur. Le pain bio vient d’Avioth. Les produits laitiers et les charcuteries, non bio mais qualité terroir, sont achetés chez les artisans du parc naturel Haute-Sûre/Forêt d’Anlier ; ils portent tous la marque locale Saveurs de nos Terroirs. Le chocolat est celui de Jean le Cholocatier à Habay… Tout est à l’avenant. « Mon credo : que les produits parcourent le moins de kilomètres possible tout en soutenant la production locale ici au ailleurs. C’est ça la consommation responsable ».
Le tout se traduit dans de longues conversations autour des présentoirs ou, le week-end, avec les petites dégustations au bistrot « années 50 » installé dans la pièce voisine.
La caisse ? Elle se fait toute discrète, juste sous l’escalier. À l’image de l’addition : pas (beaucoup) plus élevée que dans une moyenne surface. Parce que ça correspond à un autre credo du patron : rendre le bio accessible à tous.
