L’éléphant en marche vers Istanbul

HOMPECH,YVES

Page 20

Lundi 27 juillet 2009

Culture La capitale européenne de la culture en ligne de mire pour OMD 2015

Près d’un mois après son inauguration, la première matérialisation du projet OMD 2015 totalise près de 1.800 SMS envoyés. Un score plus qu’honorable pour cet éléphant cracheur d’eau dont les jets intempestifs ont provoqué le déplacement, quelques mètres en aval, de la passerelle d’embarquement du « Sarcelles IV ». Les touristes qui empruntaient ce bateau-mouche se faisaient en effet un peu trop régulièrement doucher à l’heure d’embarquer.

Un succès que son bouillonnant concepteur, l’artiste liégeois Alain De Clerck, juge pourtant trop limité : « J’aimerais vraiment qu’à l’heure de faire le bilan de l’opération “Un éléphant dans la ville”, on arrive à un total de 5.000 envois. Pour y arriver, on est en train de mettre en place quelques actions simples comme un éclairage de nuit, la distribution de flyers et une promotion accrue sur internet (1) via des bandeaux publicitaires sur les sites de nos partenaires ».

Si l’artiste met tant de cœur à exhorter les citoyens à envoyer des SMS, c’est que derrière l’œuvre se cache un projet philanthropique s’inscrivant dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Cette déclaration qui fut définie en 2000 par les Nations unies à travers huit objectifs de développement, vise à « améliorer les conditions de vie d’ici 2015 et réduire la pauvreté de manière significative ».

Parmi ces huit objectifs, Alain De Clerck a choisi de travailler autour de la problématique de l’accès à l’eau potable. « Parce que l’eau, c’est la base de tout. L’accès à l’eau potable est un élément crucial, une base absolument nécessaire pour débuter tout projet de développement ». Reste que l’artiste doit encore choisir quelle destination concrète donner aux fonds récoltés : « Au départ, nous pensions verser intégralement les recettes de l’opération au programme WaSH, une action de l’Unicef qui s’inscrit parfaitement dans le cadre de notre projet. Ce qui se passe, c’est que dans les semaines qui ont précédé l’inauguration, nous avons eu la chance d’établir de riches contacts avec divers intervenants comme les membres de l’Aquapôle et d’Univers Sud, une ONG universitaire de l’ULg. La question maintenant est de savoir si nous allons nous associer avec l’Unicef dont la visibilité et l’aura internationale sont essentiels pour la suite du projet ou si nous allons nous diriger vers une plus petite ONG, histoire de pouvoir présenter des actions concrètes à tous les gens qui auront envoyé un SMS. En fait, l’idéal serait que l’Unicef reverse l’argent à Univers Sud ».

La question, qui devrait être réglée dans le courant du mois d’août, est cruciale car pour que les opérateurs de téléphonie acceptent de ne pas prendre de commission sur les messages envoyés, il faut que l’opération soit associée à une institution à vocation humanitaire.

Si l’éléphant représente une première matérialisation du projet, l’artiste ne compte pas s’arrêter en chemin puisqu’il vise maintenant à transposer son concept dans le cadre d’Istanbul capitale européenne de la culture 2010.

L’arche entre Europe et Asie

« Istanbul c’est le bon endroit au bon moment. Au second semestre 2010, la Belgique rependra la présidence de l’Europe. Liège de son côté sera Métropole culturelle, tandis que la province sera en plein dans « Passages », un ensemble d’actions visant à une prise de conscience de l’importance de la culture dans tous les secteurs qui régissent notre société. Je veux donc profiter de toutes ces conditions favorables pour créer sur les bords du Bosphore, un immense jet d’eau, une arche entre l’Europe et l’Asie qui pourrait, sur le même principe que l’éléphant, être déclenchée de partout en Europe ».

L’appel est lancé aux décideurs politiques pour soutenir le projet, avec un numéro unique à tous les pays participants… 2010 évidemment !

(1) www.omd2015.org

Pas de résultats.