La sidérurgie au fil de l’eau

CONRAADS,DANIEL

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Jeudi 30 juillet 2009

Tourisme Nouveauté au programme des croisières fluviales

Depuis 1992, le « Pays de Liège » navigue en père peinard sur la Meuse pour proposer des croisières vers Huy, Maastricht ou encore Lanaye et la Montagne St-Pierre. Cet été, le navire du complexe de Blegny-Mine ajoute un nouvel ingrédient à son menu de balades fluviales estivales : une croisière « sidérurgie » de quatre heures, entre Chertal et Ivoz-Ramet. Le 23 août, le « Pays de Liège » emmènera ses passagers à la rencontre des géants du fer aujourd’hui pour la plupart en léthargie, qui ont façonné l’histoire et les paysages du bassin mosan (1).

Ce nouveau produit de tourisme culturel est inscrit en guise de test au programme de cet été. Une première « croisière sidérurgie » était prévue le 19 juillet, mais elle a été annulée faute de participants. Les responsables de Blegny-Mine espèrent évidemment que les candidats pour la promenade du 23 août seront suffisamment nombreux. « En mettant sur pied de telles croisières, nous voulions faire œuvre de vulgarisation en expliquant aux touristes et aux Liégeois l’histoire, l’importance économique et les spécificités de cette industrie. Dans les médias on parle souvent de sidérurgie à chaud et de sidérurgie à froid. Ce sont des concepts qui ne sont pas toujours très clairs pour les profanes », souligne Jacques Crul, le directeur du complexe blegnytois.

À l’heure où des nuages noirs menacent de plus en plus la sidérurgie liégeoise, on peut se demander si un produit touristique de ce genre n’a pas des relents un peu morbides.

Vulgarisation et

devoir de mémoire

« L’idée de lancer une telle croisière nous est venue avant la crise économique à un moment où la sidérurgie liégeoise semblait, au contraire, plutôt promise à une embellie. Notre intention ne consistait donc pas du tout à vouloir à organiser une sorte de balade funèbre aux abords d’une industrie moribonde », se justifie Jacques Crul. « Lorsque nous nous sommes rendu compte des conséquences néfastes de la crise sur la sidérurgie liégeoise nous nous sommes posé la question de savoir s’il était opportun de poursuivre l’idée d’une telle croisière. Nous avions déjà vécu un débat de ce genre lors de la fermeture des charbonnages. Nous avons estimé que le projet répondait non seulement à un souci de vulgarisation mais aussi à un devoir de mémoire », ajoute-t-il.

Pour commenter la croisière du 23 août, le « Pays de Liège » s’est adjoint les services de Henri Dedecker, un « vieux de la vieille » de la sidérurgie liégeoise qui a travaillé durant 42 ans aux ACEC et qui, à sa retraite, s’est recyclé en guide de l’ALGA (Association liégeoise des guides et animateurs). Lors de ce périple fluvial, Henri Dedecker se chargera de faire revivre la grande et la petite histoire de la sidérurgie. Depuis le début du 19è siècle et l’époque des précurseurs (Orban, Lamarche, mieux connu sous le nom d’Ougrée-Maryhaye, Cockerill et Espérance-Longdoz), les fusions successives (dont celle issue du plan Gandois qui a donné naissance à Cockerill-Sambre en 1981) jusqu’à l’entrée de la sidérurgie liégeoise dans les tentacules d’Arcelor-Mittal. L’exposé racontera aussi comment le développement sidérurgique a entraîné la création, en 1857 à Seraing, de la première école technique du royaume. En 1836, la sidérurgie fournissait du boulot à 30.000 personnes rien qu’à Seraing. En 2003, on estimait qu’elle occupait encore 9.300 personnes dans le bassin liégeois.

Si la croisière du 23 août rencontre le succès espéré elle devrait figurer dès mars aux programmes pour les groupes du complexe de Blegny et au menu des activités individuelles de l’été 2010. Elle devrait alors se combiner avec une visite de l’ancien charbonnage et/ou de la maison de métallurgie de Liège.

(1) Infos et réservations : 04.387.43.33., domaine@blegnymine.be ou www.bateaupaysdeliege.be

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