Gougaud en goguette avec les Baladins

MAKEREEL,CATHERINE

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Mercredi 26 août 2009

En ouverture du festival Théâtre au Vert à Silly, les Baladins du Miroir présentent leur nouvelle création : « Le chant de la source ».

ENTRETIEN

Ce week-end à Silly (Thoricourt), la campagne sera verte d’émotions avec un festival à faire mugir les vaches de plaisir.

« Théâtre au vert » revient en effet poser ses tréteaux au cœur d’un village plein de charme. Face aux coups durs de la crise, les organisateurs ont voulu riposter à coup d’éclats de rire. C’est pourquoi on y retrouvera quelques comédies qui ont déjà largement déridé la capitale : Marina ou comment Herman De Croo m’a sauvé la vie, de Lukas Vander Taelen, La permanence, inspirée des Deschiens, ou encore Le dindon, de Feydeau, par la compagnie K-Barré.

Champêtre à souhait, le festival ne pouvait pas ne pas inviter la dernière création des Baladins du Miroir : Le chant de la source, inspirée de l’univers et des contes de Gougaud, et mise en scène par Geneviève Knoops. Membre de la troupe depuis 25 ans, cette Baladine remonte pour nous à la source de ce spectacle en mots et chansons.

Comment est né ce spectacle ?

Il y a quelque temps, j’ai lu les contes de Henri Gougaud et j’ai tout de suite flashé sur son écriture. J’avais toujours son œuvre quand Nele Paxinou et Gaspard Leclère m’ont proposé de monter quelque chose pour les Baladins. J’ai contacté Gougaud, éminent personnage dans le monde du conte, qui a aussi écrit pour des grands chanteurs comme Barbara et Reggiani. Je l’ai rencontré à Paris et il est venu travailler avec nous quatre jours. Pour lui, le conteur n’est pas un comédien, mais quelqu’un qui raconte, un passeur. Mais moi, mon idée était bien sûr de monter le spectacle avec des comédiens. Je voulais justement que les gens n’aient pas l’impression d’assister à une succession d’histoires.

Comment faire pour éviter cette impression de succession ?

Que ce soit l’histoire de celle qui ne meurt jamais, du bossu ou encore des deux rêveurs, chaque conte est raconté d’une manière différente. Par exemple, pour Le rire de la grenouille, un conte qui dit comment le rire sauva le monde, l’image se déroule sur une toile avec des « passe-tête », comme à la foire. Ces têtes sont silencieuses et c’est une narratrice qui dit le texte, mais elle-même devient un personnage de l’histoire. Parfois un conte sera raconté par plusieurs personnes, parfois il y aura du chant à l’intérieur du conte. Pour ces « chants du monde », j’ai fait appel à l’auteur Baptiste Vaes.

La musique, toujours jouée en direct, est l’une des marques de fabrique des Baladins. Quels sont les autres éléments qui font « l’esprit » de la troupe ?

Il y a une certaine universalité dans les récits, que ce soit Tristan et Yseut ou Don Quichotte. Ce sont souvent des pièces drôles mais qui soulèvent des choses essentielles, sans jamais être didactiques ou moralisatrices. Nele a toujours voulu que les spectacles touchent à tous les sens, qu’ils soient très visuels, poétiques, et que l’on soit très pointilleux sur l’accueil du public. Et puis, le Baladin doit être assez polyvalent et ne pas se contenter de jouer avec le texte et la voix.

Vous avez rejoint les Baladins quand vous aviez 20 ans. Vous en avez aujourd’hui 45. On ne s’en lasse pas ?

J’ai connu les Baladins quand j’étais encore une ado. J’avais fait du théâtre dans des troupes scoutes, étudié à l’académie et tenté trois fois le concours d’entrée au Conservatoire. Depuis que je fais partie des Baladins, j’ai joué dans tous les spectacles, et j’ai appris à faire de la mise en scène. J’ai ma roulotte dans la troupe et ça me plaît toujours. Bien sûr, par moments, c’est dur parce qu’on fait tout : on conduit, on monte le chapiteau, on joue, on nettoie, on fait les affiches. On est artisan de notre lieu de spectacle, même si, dans chaque ville, des gens nous aident dans cette organisation. Et puis, en ce moment, c’est non-stop. On achève une série à Namur avec spectacles, animations pour enfants, et concerts, puis on va à Silly, et, deux jours plus tard, on sera à Paris, à Montmartre avec La Troupe du Roy répète le Cocu imaginaire.

« Le chant de la source » le 27 août (sous chapiteau) à Silly (Thoricourt). Complet. Dans le cadre du Festival Théâtre au vert du 27 au 29 août. Infos et réservations : 068 65 96 26 ou www.theatreauvert.be.

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