Le « Witz » du Goethe Institut
VANTROYEN,JEAN-CLAUDE
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Jeudi 3 septembre 2009
Politique culturelle L’Institut allemand de Bruxelles a 50 ans
« Le handicap, c’est que la maison paraît fermée, explique son nouveau directeur, depuis deux semaines, Berthold Franke. La porte est lourde et elle semble dire : ne rentrez pas. Alors qu’il faudrait, au contraire, clamer : venez chez nous. » Le Goethe Institut devrait-il quitter cet égout à voitures qu’est la rue Belliard, où le piéton ne chemine pas agréablement ? « La question ne se pose pas, répond M. Franke. La vraie question est : comment rénover cette maison et en faire une belle vitrine ? » Les travaux de réaménagement débuteront l’année prochaine.
Le Goethe Institut Brüssel a donc 50 ans. Mais qu’est-ce que c’est, en fait ? « Dès les années 1950, explique Berthold Franke, on s’est dit en Allemagne : jamais plus une culture centralisée à la Goebbels. » Un Goethe Institut s’est créé à Munich, un autre à Berlin. Des structures chargées de promouvoir la langue et la culture allemandes, mais de façon indépendante de l’Etat. « Et puis, ce réseau s’est étendu hors d’Allemagne. Le premier à Athènes en 1953. Ensuite le ministre allemand des Affaires étrangères a confié les affaires culturelles à cette structure. Fondamentalement, nous sommes donc indépendants, mais nous sommes financés aux deux tiers par l’Etat. Le reste de notre budget provient de nos cours de langue. »
En Allemagne, la culture est régionalisée. Le Goethe Institut est la plus grande institution culturelle fédérale. A Bruxelles, il organise des cours de langue allemande, des expositions, des séminaires, des visions de films, des concerts, etc. Ou il participe à l’érection d’une sculpture de Bogomir Ecker place Flagey, à Ixelles.
Tout ce qui peut mettre en avant la culture allemande, évidemment. Au bénéfice des Belges et des Européens. Ce n’est pas pour rien que le bureau central des Goethe Institut d’Europe du sud-ouest a été déménagé de Paris à Bruxelles. C’est Berthold Franke qui le dirige aussi.
« Le Goethe Institut suit le principe du dialogue. Nous sommes ici pour définir notre rôle avec les Belges. Ils ne viennent sans doute pas à nous pour les mêmes raisons que les Suédois ou les Portugais… »
Précisément, pourquoi va-t-on au Goethe Institut ? « Dans les années 1960, il fallait venir ici pour connaître la culture allemande. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Les premiers contacts avec la culture allemande se font par le sport, le tourisme… Notre compétence est devenue celle du deuxième regard, celle du “j’aimerais en savoir un peu plus…” »
L’Espagne a son Institut Cervantès, la Pologne son Institut Mickiewicz, le Portugal son Institut Camões, l’Allemagne s’est placée sous l’égide de Goethe, qui fut le jeune romantique fougueux et le vieillard alerte, travailleur et ironique. Tout un symbole, non ? « Goethe a assimilé le concept de l’ironie. Der Witz, qui veut dire à la fois la blague et l’intelligence », insiste Berthold Franke. A 50 ans, le Goethe Institut Brüssel veut ouvrir grand la lourde porte de son hôtel de maître pour montrer tout son Witz.
Programme
Cette cinéaste allemande de 67 ans est peu connue en Belgique. Le Goethe Institut la fait découvrir avec Bozar et la Cinematek. Avant-première de son film Prater le 28 septembre, exposition de ses œuvres photographiques au Goethe Institut du 1er octobre au 24 janvier. Rétrospective à la Cinematek du 9 octobre au 26 janvier.
Deux musiciens allemands contemporains (Stockhausen est mort en décembre 2007, Kagel en septembre 2008) célébrés. Concert le 13 octobre avec la première mondiale de Erwachen, 12. Stunde von Klang, de Stockhausen et la première belge de In der Matratengruft de Kagel. Conférence et ateliers le 14 octobre.
Conférence le 28 octobre sur les 20 ans de la chute du Mur et l’ouverture du Rideau de fer. Cela s’appelle « Breaking down barriers ». C’est porté par Eunic, une association d’instituts culturels européens.
Festival du film Focus 89 à Flagey, du 9 au 15 novembre. Une semaine de films, fictions et documentaires, et de débats sur la vie d’avant, la nostalgie, la nouvelle vie.
Goethe Institut, rue Belliard, 58, 1040 Bruxelles ; 02-238.11.66 ; www.goethe.de/bruessel
