vive la gÉnÉration des flamands décomplexés
DELVAUX,BEATRICE
Jeudi 3 septembre 2009
la société civile belge est restée au balcon de son destin. On ne pourra pas regretter que le nationalisme étroit, celui qui en Flandre veut glorifier une identité par rapport à l’autre, n’aura pas trouvé de farouches combattants sur son chemin. Et quels combattants ! Des icônes populaires flamandes, les plus « bekende des bekende » qui prennent leurs responsabilités et partant, de réels risques. « On ne peut pas toujours parler du soleil, de l’amour et des vacances », nous confie Koen Wauters, le chanteur de Clouseau, justifiant ainsi pourquoi il a décidé de se mouiller pour dire à la fois son attachement tant à la Flandre qu’à la Belgique.
Ce n’est pas une première. La Flandre compte nombre d’artistes libres, qui s’engagent d’abord et avant tout pour la tolérance, le vivre ensemble et le dialogue. Koen Wauters avait ainsi rejoint l’autre star populaire flamande, Helmut Lotti, pour animer les concerts 0110, organisés par le chanteur Arno, le rockeur Tom Barman et le directeur de théâtre Jan Goossens pour lutter contre l’intolérance et empêcher – avec succès – le Vlaams Belang de prendre le pouvoir à Anvers.
Cette génération de Flamands est décomplexée : elle peut à la fois souhaiter la survie de la Belgique et revendiquer sa flamanditude ; elle peut aussi reconnaître sans avoir peur de perdre la face, qu’aujourd’hui des francophones parlent le néerlandais et que la Wallonie les intéresse.
Le Soir et le Standaard partagent cette même philosophie, marquée il y a deux ans par leur « Face-à-face Nord-Sud » : assumer, revendiquer les différences, les divergences mais en maintenant le dialogue. Notre opération se poursuit depuis, veillant à exposer à l’autre communauté ce qui se pense, ce qui vit, ce qui se crée de l’autre côté de la frontière linguistique. Ce jeudi, nous ouvrons ainsi nos colonnes à une nouvelle génération d’intellectuels flamands. Le Standaard fait
de même avec des faiseurs
d’opinion francophones. Stoemp flamand ou franstalige
bouillon : c’est le mélange
qui donne du goût !

