Awans face à son développement anarchique

WAUTERS,LAURENCE

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Samedi 5 septembre 2009

Aménagement du territoire La commune va se doter d’un schéma de structure pour canaliser les constructions à venir

Ruée des commerçants, afflux d’habitants : Awans s’est déformée au rythme rapide d’un développement anarchique. Et met aujourd’hui des outils en place pour limiter les inconvénients.

Awans, autrefois, c’était juste un conglomérat de cinq villages bucoliques. « C’était la vraie campagne, à dix kilomètres de Liège », raconte cette ancienne dont le grand-père exploitait encore une ferme non loin. Maintenant, ça l’est encore… Mais dans certains coins seulement.

Le changement s’est amorcé il y a vingt-cinq ans exactement, lorsque les Suédois des meubles en kit sont tombés sur le village de Hognoul comme s’il s’agissait d’une Rome vers laquelle mènent toutes les voies, en tout cas l’autoroute et la N3. Leur installation a donné des idées, et le développement économique de la commune s’est inscrit en programme politique : « Quand une municipalité offre des emplois sur son territoire, les finances, les portefeuilles des habitants et les tiroirs-caisses des commerçants ne s’en portent que mieux », annonçait, dans un fascicule distribué en 2000, le bourgmestre de l’époque.

Ce fut alors la poste, non loin, avec son centre de tri. Le nouvel Ikéa, il y a une dizaine d’années, puis l’arrivée d’une quinzaine de magasins dans l’ancien, il y a trois ans. On en oublierait presque le site de Kone devenu pôle d’activités économiques du sommet duquel certains casse-cou sautent désormais à l’élastique. On en omettrait le zoning artisanal qui se remplit près du centre de tri de la poste, attendant notamment DHL. Sans parler de la zone des Stockis, à la frontière avec Grâce-Hollogne côté Bierset, où pas moins de septante hectares seront dévolus dans les cinq ans à de l’activité économique.

Pour l’emploi, c’est sans doute très bien. Pour l’aménagement du territoire, c’est autre chose car Awans est devenue, à ses dépens, une sorte de laboratoire de développement économique anarchique. « Nous sommes tous petits, nous étions sept mille habitants et en avons accueilli deux mille de plus en quelques années seulement », explique le bourgmestre André Vrancken (PS). Car à l’instar du siècle passé, lorsque les maisons ouvrières jouxtaient les usines, l’activité a attiré l’habitat. « Il faut travailler à l’intégration de ces nouvelles personnes, il faut pouvoir recréer des contacts, retisser les liens entre les villages », poursuit le mayeur. Et refuser de nouveaux développements, pour éviter l’étouffement. « Je veux que la commune conserve un caractère rural, et je veux qu’elle s’intègre au sein de la Communauté urbaine : si ce n’est pour une reconversion d’un site existant, il n’y aura plus de nouveaux développements », promet le bourgmestre. Pour la N3, c’est trop tard : elle restera sacrifiée.

Maintenant, on s’attelle à réparer les effets de la précipitation passée. Ainsi, Awans se dote d’un schéma de structure qui va canaliser les décisions en matière d’urbanisme dès la fin de cette année. On y imposera, entre autres, que les constructions à étage ne soient plus autorisées qu’en bordure de la N3, pour sauver les villages.

Awans boucle également son étude de mobilité pour épargner (enfin) le trafic des poids lourds aux villageois bientôt soulagés par un contournement. En outre, la commune a ouvert une Agence de Développement Local l’an dernier. « Tout a été tellement vite, les opérateurs économiques sont venus de tellement d’endroits différents, qu’on se rend compte qu’ils ne se connaissent pas », explique Didier Delmal, employé de l’ADL qui s’attelle à tisser de nouveaux réseaux.

Enfin, un projet de nouvelle maison communale, qui coûtera sans doute quelques centaines de milliers d’euros, est dans les cartons. Et pour cause : 25 % d’habitants en plus, c’est une augmentation du personnel communal.

chiffres

470 activités économiques répertoriées à Awans, du grand magasin à la profession libérale.

8642 habitants répartis dans Villers, Othée, Hognoul, Fooz et Awans.

1400 habitants près du pôle Ikéa, qui n’en comptait que 400 il y a quelques années

2740 ha de superficie dont 80 % de zone agricole aux alentours des villages.

100 hectares de zone économique une fois celle de Stockis mise en oeuvre

11,53 % de taux de chômage (2009) pour un revenu annuel moyen de 14.330 euros.

Pas de résultats.