Kim Clijsters : « C’est un rêve éveillé »
BERTI,CHRISTOPHE
Mardi 15 septembre 2009
La standing ovation des 23.700 personnes du stade Arthur Ashe lui a tiré quelques larmes des yeux. Kim Clijsters a gagné, pour la deuxième fois de sa carrière, l’US Open de tennis, la nuit passée. Caroline Wozniacki, la Danoise numéro 8 mondiale, n’a pas fait mieux que les sœurs Williams plus tôt dans le tournoi et elle a dû s’incliner devant Kim, en deux sets (7-5, 6-3) au terme d’un match de qualité moyenne, avec beaucoup de fautes directes et un vent capricieux. Mais après 1h33 de jeu, Kim Clijsters a réalisé l’exploit de l’année : remporter un Grand Chelem un mois après avoir repris la compétition et deux ans après avoir mis fin à sa carrière.
« C’est un rêve éveillé, expliquait-elle après son match. Je pensais que les premiers tournois me serviraient d’entraînement pour 2010 et voilà que je gagne l’US Open, quatre ans après l’avoir remporté pour ma dernière participation. C’est magnifique »
Première maman à remporter un tournoi du Grand Chelem depuis Evonne Goolagong-Cawley, en 1980, à Wimbledon, première joueuse « invitée » à gagner un Grand Chelem depuis que ceux-ci existent, première Belge à renouer avec une victoire aussi importante depuis le succès de Justine Henin à New York, déjà, en 2007, Kim Clijsters réussit un come-back parfait : elle s’est entraînée pendant sept mois, elle a choisi ses tournois de rentrée, elle s’est entourée d’une petite équipe soudée et efficace (manager, porte-parole, sparring-partner, kiné, physio) et n’a pas oublié de voir grandir sa petite Jada. Bref, que du bonheur pour l’ex-numéro 1 mondiale, qui a prouvé en un mois et trois tournois, en battant la plupart des meilleure filles du moment, qu’elle pourrait rapidement revendiquer à nouveau ce leadership. À la prochaine publication du classement WTA, elle devrait pointer à la 19e place. En outre, même si pour elle, ce n’est peut-être qu’un « détail », elle repart de New York avec un chèque d’1,6 million de dollars (environ 1,1 million d’euros).
« Je voudrais remercier le public américain qui m’a soutenu pendant la quinzaine. Et l’organisation qui m’a accordé une invitation, sinon, je n’aurais pas pu jouer. Caroline Wozniacki m’a rendu la vie difficile, c’est une super joueuse en devenir. Le tennis mondial peut être fier de voir grandir des filles comme elle. Aujourd’hui, j’étais très nerveuse, mais maintenant, c’est un grand bonheur. Je n’ai pas de mots pour exprimer ce que je ressens. »
Wozniacki, de son côté, a également rendu hommage à la Belge, avant de remercier ses supporters, en danois et en… polonais. « Je suis très heureuse d’être là. J’étais aussi très contente du retour de Kim sur le circuit, car c’est une fille sympa contre qui j’avais joué en exhibition à Hong Kong. Mais j’aurais préféré qu’elle ne soit pas là ce soir pour me battre (rires). Kim est une grande championne et elle mérite sa victoire. »
Kim a donc impressionné tout le milieu du tennis. Sur le court et en dehors. Avec une finale gagnée et un exploit de taille, la veille, le match référence pour l’avenir : l’élimination de Serena Williams, en deux sets. Avec, certes, une fin un peu gâchée par le comportement stupide de l’Américaine, qui perd le match sur un point de pénalité, mais avec, surtout, un avertissement de taille à toutes les filles du circuit : « Kim is back ! »
Et toute sa famille avec elle car pour la séance photos, après la cérémonie de remise des prix, Clijsters a posé avec son mari, l’ex-basketteur Brian Lynch, et avec leur fille, Jada, véritable mascotte aux Etats-Unis et attraction du tournoi…
