Un chef en Hauts-Pays

SAINTGHISLAIN,VALERY; DEBIE,BENOIT

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Vendredi 18 septembre 2009

Roisin La zone, orpheline de son chef de corps depuis avril 2008, retrouve la tête

ENTRETIEN

A quelques jours de sa prise de fonction officielle (lire ci-contre), Patrice Vanderbeck est déjà dans les murs de la zone de police des Hauts-Pays. Ce n’est d’ailleurs pas sa première visite ni sa première prise de contact dans les bureaux vétustes du petit état-major de Roisin avec le personnel. L’officier a déjà été désigné deux fois avant que le ministre de l’Intérieur ne casse sa nomination. Cette fois, c’est la bonne ? Rencontre.

Vous arrivez à la suite d’un long feuilleton à rebondissement. N’avez-vous pas peur que cela écorne votre autorité ?

Un candidat en interne, dont tout le monde loue le travail, n’a pas été retenu. Franchement, je ferai tout pour que ça tourne bien et j’espère que cette politique de la main tendue sera payante. Par rapport à un recours éventuel au Conseil d’État, je ne tiens pas à m’inquiéter. La zone a trop attendu pour avoir un chef pour qu’elle puisse se permettre de perdre du temps à ce type de réflexion. Le 1er octobre, je me lance à fond dans ma fonction.

À la lecture de votre CV, on constate que votre parcours est marqué par la proximité.

J’ai commencé ma carrière sur le terrain, comme agent à La Louvière. Je suis conscient que la fonction de chef de corps requiert pas mal d’heures derrière le bureau mais je veillerai à ce qu’elles soient limitées au strict nécessaire. Je suis un homme de contact qui ira à la rencontre de la population.

On constate aussi que vous avez la bougeotte, professionnellement parlant.

Dès que j’ai le sentiment d’avoir fait le tour d’un job, je cherche autre chose, c’est vrai. Mais rassurez-vous, je compte exercer pleinement ce mandat de cinq ans qui s’ouvre à moi. Après, on verra…

Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce poste ?

Avant tout, la faculté de pouvoir imprimer ma façon de voir les choses. Je suis convaincu qu’il y a moyen de faire un excellent travail policier.

Vous êtes expert en « Community policing », c’est quoi ?

C’est une philosophie qui part du principe que la police n’est pas en dehors de la société mais qu’elle en fait partie intégrante. Le souci permanent est l’orientation du service à la population.

Concrètement ?

Les hommes du service d’intervention ne sont pas des pompiers qui éteignent un foyer et puis s’en vont. Leur intervention s’effectue dans un contexte. Il faut un échange continu avec l’inspecteur de quartier pour qu’il assure le suivi sur le plus long terme.

Votre première action, ce sera quoi ?

Je ne veux surtout pas débarquer en disant que j’ai la solution. je me donne un peu de temps pour observer le fonctionnement des services. je vais rencontrer les officiers et les responsables des quatre commissariats de quartier. Comme nous ne sommes pas nombreux (73 policiers pour un cadre organique de 96, NDLR), il faut tendre idéalement vers la polyvalence. Mon ambition, c’est de m’appuyer davantage sur les commissariats de proximité. Ce n’est pas de la décentralisation mais une volonté de travailler transversalement.

Cette zone, vous ne la découvrez pas. Quelles sont ses particularités ?

Elle est composée d’entités rurales comme Hensies où différentes communautés cohabitent et Honnelles où la vie associative est dense. Il y a aussi Dour qui, outre son festival, draine des problèmes inhérents à toute petite ville. Et Quiévrain où la circulation pose problème mais aussi nos voisins français qui, le week-end, ont un peu trop tendance à y faire la fête. Nous avons 54 kilomètres de frontière, c’est une difficulté. Je vais rencontrer mes homologues français pour rediscuter avec eux des modalités des accords transfrontaliers pris en leur temps. Et je vais aussi rencontrer mon collègue de la zone voisine, M. Staelen. Ce ne devrait pas poser trop de problème : ce fut mon supérieur à la police de La Louvière !

Bio express

Patrice Vanderbeck a 51 ans et vit depuis une vingtaine d’années à Lens avec son épouse, infirmière. Il est père de 4 enfants et sera bientôt grand-père. Originaire d’Estinnes, il a accompli ses études à Mons : à l’athénée royal puis à la faculté Warocqué où il voulait devenir ingénieur commercial. Mais sa trajectoire bifurque : finalement, il obtient une licence en criminologie à l’UCL. Après avoir été gérant d’un magasin de composants électroniques ( !) et un bref passage comme gestionnaire de stock chez British Leyland à Seneffe, il entre à la police communale : d’abord, à La Louvière, comme agent ; puis, jusqu’en 1986 au service Intervention et au Service d’Enquête et de Recherche. Pendant douze ans, ensuite, il dirige la police communale de Lens ; puis, de 1998 à 2000, celle de Hensies, avant de devenir adjoint au commissaire à Tournai. De 2002 à 2006, le voilà à la tête du commissariat de proximité de Cuesmes. Depuis, il était détaché à la police fédérale comme consultant en « Community policing », au sein de la direction des relations avec la police locale.

Rebondissements à gogo depuis avril 2008

La vacance de la fonction au sein de la zone de police des Hauts-Pays durait depuis le 1er avril 2008. Par deux fois, la décision du conseil de police de confier le mandat de 5 ans à Patrice Vanderbeck avait été cassée par le ministre de l’Intérieur (une fois par Inge Vervotte, une autre par Patrick Dewael). Au motif que cette candidature n’était pas suffisamment argumentée. La commission de sélection avait classé troisième M. Vanderbeck lors de la procédure de sélection. Mais le conseil de police estimait, lui, que l’intéressé était le meilleur candidat, notamment pour son profil de terrain, très au fait des difficultés financières des communes. Le conseil de police avait maintenu ce choix, aidé des conseils d’un juriste pour bétonner la décision. La troisième fois fut la bonne : le 11 septembre, l’arrêté royal est paru au Moniteur. La prestation de serment et la prise de fonction sont prévues le 1er octobre. Tout est bien qui finit bien ? Un recours devant le Conseil d’État par l’un des candidats évincés n’est pas à exclure. Il ne serait pas suspensif. Mais si, à son terme, l’instance donnait gain de cause au plaignant, la procédure de désignation devrait reprendre depuis son début…

Eddy Maillet quitte Ath pour la police des polices à Mons

La zone de police d’Ath devrait prochainement avoir un nouveau chef. Âgé de 38 ans, Eddy Maillet vient d’annoncer qu’il quitterait bientôt la cité des Géants pour rejoindre celle du Doudou où il intégrera la police des polices au poste de commissaire divisionnaire.

Après avoir postulé et réussi l’examen en mai, l’actuel chef de zone s’est vu confirmer sa désignation dans le courant de l’été. Il lui reste un stage à accomplir à partir du 1er novembre pour atteindre son objectif. Si tout va bien, sa nomination interviendrait début 2010. Eddy Maillet dirige la zone d’Ath depuis juin 2001.

« Pour une zone de police, il est sain et essentiel de procéder tous les dix ans à une rotation des chefs de corps », confesse l’intéressé. En attendant sa succession, Eddy Maillet sera remplacé par un des commissaires.

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